Marius Michel, L. Gruel, op. cit
ii8 LES ETAPES D'UN LIVRE
fers pointillés, en les mélangeant avec des branchages Henri IV et des fers du xvii^ siècle. A ce premier genre appartiennent les premières reliures faites pour Louis XIII et Anne d'Autriche, et la reliure de Jean Talfm dans la collection James de Rothschild.
Le succès enhardit sans doute Le Gascon, car il crée des dorures à filets droits et courbes aux coins pointillés avec des milieux simples, trèfles ou étoiles d'où s'élancent des gerbes de fer pointillé.
Mais pour rester classique, Le Gascon exécute à la même époque des volumes où ses entrelacs sont accompagnés de quelques fers du xvii^ siècle. On retrouve ce genre dans Le Roman de la Rose, in-folio aux armes de Séguier, à la Bibliothèque Nationale.
Enfin, dans sa dernière manière, les fonds sont entièrement recouverts de pointillés, les entrelacs apparaissent rouges. La plupart des reliures de Le Gascon sont exécutées sur des maroquins d'un rouge spécial qui n'avait servi jusqu'alors qu'à faire des chaussures.
Comme relieurs du temps, il faut encore citer Clovis Eve dont nous avons déjà parlé au chapitre précédent, et Macé Ruelle, libraire imprimeur en même temps que doreur, et qui exerça sa profession de 1606 à 1638. Il prenait le titre de relieur du Roy.
Sous le règne de Louis XIII, le goût de la bibliophilie se développe ; nombre de grands personnages se forment de belles collections, à ne citer que celles de La Vieuville, surintendant des finances, celle de Philippe du Plessis-Mornay, celle de Phélipeaux de la Vrillière, celle du chancelier Séguier. On pense que c'est Antoine Ruelle, fils de Macé Ruelle, qui exécuta les reliures au mouton d'or de la bibliothèque de Séguier, en basane pour les livres ordinaires, en maroquin rouge pour les exemplaires de choix.
Comme autres bibliothèques importantes, mentionnons celles de Michel le Tellier, du comte de Mansfeld, du cardinal de Richelieu et enfin de Gaston d'Orléans, frère du roi.