‹ Les étapes d'un livreChapitre 69 sur 101 · Cf. Marius Michel, L. Gruel, Bosquet, op. cit · texte numérisé non relu

Cf. Marius Michel, L. Gruel, Bosquet, op. cit

lesquels une reliure pour le comte d'Hoym. C'est lui qui semble avoir été l'initiateur des reliures mosaïques dont le goût se maintînt pendant presque tout le xviii' siècle.

Comme doreurs, les Pasdeloup doublèrent beaucoup de leurs reliuies en maroquin et les armèrent de dentelles dont les fers du

RELIURE DU XVllP SIÈCLE EXÉCUTÉE POUR LOUIS XV,

d 'ajrès une phototypie éditée par M. Henri Lcclerc,

xvir siècle forment la base. Us y adjoignirent encore quelques petits fers. Enfin, les Pasdeloup firent d'excellents corps d'ouvrage.

A côté de cette famille nous citerons également celle des Derôme. Nicolas Denys Derôme, reçu maître le 31 mars 1761, aurait continué le genre de reliure et de décoration inauguré par Pasdeloup, après avoir acheté une partie de son matériel et ses fers à dorer.

La ressemblance que l'on relève entre les productions de ces deux

artistes trouverait ainsi une explication. Les Derôme tirèrent de l'industrie de leur temps des éléments nouveaux de décoration et triomphèrent dans les dentelles auxquelles ils donnèrent leur nom. Comme ce genre de dentelles avait eu un succès considérable, les relieurs de second ordre s'empressèrent de les imiter ou de les copier.

Nous nommerons en troisième lieu Pierre-Paul Dubuisson, dessinateur héraldique et relieur du Roi. De grands ateliers de dorure pour les almanachs venaient d'être créés et Dubuisson se trouvait à la tête de l'un d'eux. On peut le considérer comme l'auteur de la plus belle collection de fers du xviif siècle.

Enfin, nous mentionnerons les noms de Louis Douceur, Etienne Boyet fils, Pierre Lemonnier, relieur du duc d'Orléans, et Pierre Alexis Bradel, qui fut le successeur de Derôme dont il était le neveu et qui exerça jusqu'au commencement du xi-X*" siècle.

Parmi les collections les plus importantes, il faut mettre hors de pair la fameuse bibliothèque du duc de la Vallière. Rien ne lui coûtait, au dire de Fournier, pour satisfaire sa passion. Un livre rare, quelqu'en fût le prix, lui était acquis d'avance et c'est par brassées que, le lendemain de quelque vente, on portait les livres précieux à son hôtel de la rue du Bac. En 1771, il acheta d'un bloc pour 20 000 livres la collection complète du bibliophile Bonnemet, et l'affaire fut bonne. Quand la bibliothèque du duc fut mise ellemême aux enchères, les livres de Bonnemet furent de ceux qui se vendirent le plus cher. Cette collection forma plus tard, comme on le sait, le principal fonds de la Bibliothèque de l'Arsenal.

N'oublions pas de mentionner également la collection du comte d'Hoym qui avait beaucoup de livres reliés par Pasdeloup; et, parmi les femmes bibliophiles, nous retiendrons les noms de la comtesse de Verrue et de madame de Pompadour.

Comme innovation, le xviii^ siècle trouva l'emploi de l'étoffe pour les contre-plats et les gardes des livres. La soie préférée était le tabis, petite étoffe légère. On fit usage, également de papiers imitant l'étoffe, le papier peigne, qui était laid et qui devint cependant d'un usage général. Ses couleurs à base de fer marquaient vite sur les maroquins clairs et y laissaient des traces noires.

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