‹ Les étapes d'un livreChapitre 70 sur 101 · L'EMPIRE · texte numérisé non relu

L'EMPIRE

AU commencement du xix* siècle, il y a comme une période d'hésitation. On remarque un double courant : d'une part celui de la reliure ancienne, genre Louis XYI, qui s'achemine chaque jour davantage vers sa ruine; d'autre part un nouveau style qui commence à s'affirmer avec ses reliures d'un corps d'ouvrage médiocre, en maroquin rouge ou vert, parfois aussi en veau fauve. L'on voit paraître encore une nouvelle série de fers, des encadrements de plats faits d'une grecque et des dos avec des urnes, des masques et des lyres. Puis, détail caractéristique, les numéros des tomaisons sont mis sur de petites pièces rapportées, prenant la forme d'un écusson.

Les reliures à décor Empire très caractérisées sont rares. L'emploi des frises ne devait pas tarder d'ailleurs à dégénérer. On les applique à tort et à travers, et aucun relieur de ce temps ne laissera de souvenirs vraiment impérissables. Il faut attendre jusqu'en 1810 pour retrouver le nom de Courteval, l'inventeur de la gaufrure et du papier granit.

A côté de lui nous pouvons citer les deux Bozérian qui sont restés célèbres.

Bozérian l'ancien était déjà établi sous le Directoire et il dirigeait une sorte de maison de gros. 11 ne faisait que du travail soigné. Bozérian jeune, son frère, s'établit vers 1803 et se retira en 1818. Les deux Bozérian ont créé un genre. Ils emploient les couleurs rouge, vert, jaune, et citron. Ils ne varient pas beaucoup leur genre de décoration. Leurs doublures sont d'ordinaire en tabis. Malheureusement, les Bozérian imitèrent trop servilement le genre anglais à la mode. Leur qualité fut de respecter les marges et d'apporter beaucoup de soin au battage, à la couture et à l'endossure des livres.

Citons encore les noms de Simier et de Purgold qui imitèrent les Bozérian. Leur dorure laissait beaucoup à désirer, mais le corps d'ouvrage était bien fait.

Ce genre de reliure à la Bozérian disparaît brusquement avec l'Empire.

Page 1