BREVET D IMPRIMEUR
22 mars l8o2 relatif aux fabricants de presses et de matériel d'imprimerie.
Le décret du 10 septembre 1870, décret du gouvernement de la Défense Nationale, abroge toute cette législation, en déclarant : « Les professions d'imprimeur et de libraires sont libres » (art 1"). Toutefois l'article 2 ajoutait : « Toute personne qui voudra exercer l'une ou l'autre de ces professions sera tenue à une simple déclaration faite au Ministère de l'Intérieur. »
Actuellement l'imprimerie et la librairie sont régies par la loi du 29 juillet 1881 qui a abrogé toute la législation antérieure, y com-
tjS - LES ETAPES D'UN LIVRE
pris le décret du 10 septembre 1870, en ce qui concerne l'obligation •de la déclaration.
Toutefois, la loi de 1881 a laissé encore en vigueur : 1° le décret du 7 germinal an XIII, qui défend l'impression des livres d'église, des heures et des prières, sans une permission de l'évêque du diocèse; 2° le décret du 20 février 1809, qui défend d'imprimer les manuscrits des bibliothèques nationales, sans l'autorisation du gouvernement. Ces décrets étaient, en effet, compris dans l'article 2 du projet, parmi les textes exceptés de l'abrogation générale.
N'omettons pas de mentionner que, le 5 mai 1847, s'était fondé le Cercle de laLibrairie, association groupant des membres appartenant à toutes les professions qui concourent à la fabrication du Livre et aux diverses industries qui s'y rattachent. Il est devenu, en 1889, syndicat professionnel, conformément à la loi du 20 mars 1886. En l'année 1892, se constituait le Syndicat des Editeurs, fondation complétée la même année par la création de la Chambre syndicale des Libraires de France, subdivisée elle-même en chambres syndicales régionales.
« L'histoire du livre, depuis ses origines, écrit M. Lucien Layus, est intimement liée à celle de l'imprimerie. Depuis le remplacement de la xylographie par les caractères mobiles en métal jusqu'au xvii^ siècle, l'évolution du livre s'opère lentement et progressivement. Au xviii" siècle, l'aspect du livre recouvre son ancienne splendeur par l'emploi de caractères plus perfectionnés, par la recherche de la qualité du papier, par le soin extrême apporté à la forme et à l'ornementation. Une pléiade d'artistes et de graveurs de valeur s'adonne, à l'illustration du livre et crée, sous l'inspiration de cette brillante génération d'éditeurs qui s'étend jusqu'à Pierre Didot l'aîné, ce remarquable monument d'un art délicat et charmant qu'est le livre français au xviii* siècle,
« Aux débuts du xix^ siècle, le livre continue à être composé avec soin au point de vue typographique, mais le sentiment artistique s'atténue; l'esprit public n'est pas aux choses de l'art, et le livre est plus recherché pour son fond que pour sa forme. La production de cette époque se limite à la publication des ouvrages scientifiques et à la réimpression à bon marché des grands auteurs français sur stéréotypes.
« La Restauration voit naître de grandes collections d'œuvres
complètes de Voltaire, de Jean-Jacques Rousseau, de Diderot, de Biifîon, des traductions des œuvres complètes de Byron et de Walter Scott et des classiques grecs et latins.
« A l'avènement de la monarchie de Juillet, la librairie traverse une crise terrible : le gouvernement est obligé d'intervenir, et un prêt de 10 millions, fait par l'Etat aux éditeurs sur nantissement des livres, permet seul d'éviter des cataclysmes irréparables. Mais peu à peu, grâce à cette intervention, la confiance revient, et à ce moment s'ouvre l'ère brillante des œuvres d'imagination, romans et poésies. A cette époque, le roman est publié en format in-8°; chaque volume est imprimé avec de grandes marges et composé avec un caractère assez fort : l'ouvrage comprend souvent plusieurs volumes, tel le Monte-Cristo de Dumas, dont la première édition est en vingt volumes à 4 fr. 50. Beaucoup de volumes sont cotés 7 fr. 50 et 10 francs. Tous ces volumes sont surtout publiés en vue de la clientèle des cabinets de lecture; dans ces conditions le public achète peu en raison du prix élevé, et se contente de louer l'ouvrage dans les cabinets de lecture. La clientèle se trouve ainsi limitée, et les ouvrages se tirent à un nombre restreint. En 1838, une révolution s'opère par le lancement du format Charpentier in-18 jésus, à 3 fr, 50 le volume, qui met le roman et la littérature française à la portée de tous.
« Peu à peu l'engouement romantique se calme, et le goût se porte sur les belles publications illustrées. C'est l'époque des éditions de Curmer. L'art de la gravure sur bois a fait de rapides progrès et vient partager avec la gravure sur acier les faveurs du public. Puis successivement, jusqu'à la fin du second Empire, paraissent les recueils de jurisprudence, les grands ouvrages d'histoire naturelle, le dictionnaire de la conversation, les encyclopédies.
« Sous la troisième République de grands progrès s'accomplissent dans l'édition des livres. La substitution, dans l'illustration, des procédés photo-zincographiques à la taille-douce et à la gravure sur bois, permet d'augmenter l'illustration des livres sans créer de trop lourdes charges; tels ouvrages qui eussent été, il y a trente ans, ornés de dix ou quinze planches hors-texte, sont maintenant illustrés de cinquante vignettes hors-texte ou dans le texte, moyennant une dépense matérielle sensiblement égale. Par suite, l'illustration a pris, ces dernières années, une grande extension.
« ï.es éditions de luxe paraissent arrivées à leur apogée, tant par le choix du papier que par le soin de la composition, la perfection des tirages et la richesse de l'ornementation. La librairie médicale et la librairie scientifique ont fait des progrès considérables : de grandes publications ont été entreprises dans des conditions qui font le plus 2-rand honneur à leurs éditeurs. La librairie classique a subi une transformation complète, notamment en ce qui concerne l'enseignement primaire. Les méthodes nouvelles ont dépouillé la sécheresse et l'aridité de jadis; le maître doit aujourd'hui chercher à se mettre entièrement à la portée de l'enfant, à frapper son imagination, à l'intéresser pour développer sa curiosité et l'inciter au travail. L'éditeur classique a apporté sa pierre à l'édifice de ces méthodes nouvelles en facilitant à l'enfant la compréhension du texte par des dispositions t3'pographiques ingénieuses et par des illustrations descriptives.
Les principaux centres de production de la librairie sont, en dehors de Paris, Tours, Lille, Nancy, Lj^on, Limoges, Bordeaux, Rouen et Avignon. Par rapport aux autres pays, la France tient le second rang pour la production. »
IIIISLIOTHKQUE LAUUKNTIK.N NE.
LES BIBLIOTHÈQUES
Nous ne parlerons que pour mémoire des premières bibliothèques publiques dont l'histoire ait gardé le souvenir ; celles que fondèrent, par exemple, Pisistrate à Athènes, Ptolémée à Alexandrie et Eumène à Pergame. Les renseignements que nous possédons, en effet, sur ce sujet, sont assez vagues, de même que nous connaissons mal les vastes collections réunies parles empereurs Auguste, Tibère, Vespasien ou Trajan.
Peut-être sommes-nous mieux informés sur les bibliothèques particulières. Plutarque, par exemple, dans sa Vie de Marc-Antoine, nous a laissé des renseignements précis sur la collection célèbre de Lucullus. Cicéron, dans ses Lettres à Atticus, nous a longuement parlé de ses livres. Sénèque, de son côté, nous a légué quelques préceptes utiles sur la manière de les acheter, et sur l'emploi de nos
lectures. Enfin, les deux Pline ont également traité cette question; et nous trouvons, chez l'un comme chez l'autre, d'intéressants détails sur les bibliothèques à Rome. Les poètes latins sont également une source d'informations précieuses. On trouverait dans Catulle quelques renseignements bibliographiques. Il y en a dans Horace. Il y en a chez Martial. Ce dernier nous apprend, entre autres choses, que les boutiques de libraires se trouvaient dans le quartier de l'Argilète, au pied du mont Palatin et sur les bords du Tibre. « D'un récit de Diogène Laërce, écrit à ce sujet M. Albert Cim, on peut conclure qu'il y avait à Athènes au iv^ siècle avant Jésus-Christ, des espèces de cabinets de lecture; et l'on y constate, à pe\i près vers le même temps, l'existence de boutiques de librairie servant de lieu de rendez-vous et de conversation aux amateurs. Les devantures des librairies étaient, des deux côtés de l'entrée, couvertes d'inscriptions indiquant les ouvrages en vente et les noms de leurs auteurs; les- murs intérieurs étaient garnis de rayous disposés en casiers, comme nos magasins de papiers peints. »
II y avait, paraît-il, au temps de Constantin, vingt-neuf bibliothèques à Rome. C'est M. Giraud qui nous lapprend. La Palatine et rUlpienne étaient les plus considérables. « Une bibliothèque, ajoutet-il, était regardée dans une maison comme un ornement nécessaire; aussi en trouvait-on jusque chez les gens qui savaient à peine lire; et certaines étaient si considérables que la lecture des titres des livres aurait seule rempli la vie du propriétaire. »
Au Moyen âge, l'amour des livres se maintint, même au milieu des pires bouleversements politiques. Nous pouvons citer à cet égard, parmi les bibliothèques les plus célèbres, celle de Sidoine Apollinaire, celle du professeur Simagre, celle de l'évêque Rurice et la fameuse collection de livres du préfet Tonance Ferréol, que Sidoine a comparée à la bibliothèque d'Alexandrie. C'est à la même époque que le pape Hilaire établissait h la basilique de Saint-Jean de Latran, la bibliothèque que Nicolas V fit transférer [dus tard au Vatican.
Naturellement, c'est dans les couvents que se réfugie à cette époque toute la culture et tout l'amour des livres. « Une abbaye, écrit Augustin Thierry, n'était pas seulement un lieu de prière et de méditation, c'était encore un asile ouvert contre l'envahissement de la barbarie sous toutes ses formes. Ce refuge des livres et du savoir abritait des ateliers de tout genre. » Il ne faudrait pas croire.
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cependant, que 1 Eglise envisageât toujours avec indulgence ce goût pour la littérature profane. Sainte-Beuve nous rappelle qu'il est rapporté dans la vie de saint Jérôme que ce saint fut battu de verges par un ange, qui lui reprochait, en le frappant, de lire avec plus d'ardeur Cicéron que lEvangile.
Toutefois, à partir du ix^ siècle, nous allons voir les bibliothèques capitulaires s'ajouter aux bibliothèques des monastères. M. Albert Cim qui a écrit sur ces matières le plus intéressant volume, nous apprend que « parmi les principales de ces bibliothèques on citait en France celle (encore existante) de la cathédrale de Chartres, celles des cathédrales de Lyon, de Laon, de Reims, de Cambrai, de Rouen, de Clermont, etc.
a Charlemagne qui ne négligeait rien de ce qui concernait les livres, avait accordé à l'abbé de Saint-Bertin un diplôme l'autorisant à se procurer par la chasse les peaux nécessaires pour relier les volumes de son abbaye. Les soins qu'il prenait de sa propre bibliothèque sont consignés dans une lettre de Leidrard qui nous apprend que cet empereur avait choisi le monastère de l'île Barbe, près de Lvon. pour y placer ses livres. Il avait aussi fondé une bibliothèque au monastère de Saint-GalL
cr Saint Louis s'applique, comme Charlemagne, à fonder des écoles et à accroître le nombre des livres. Il avait même conçu l'idée de réunir, en un lieu accessible à tous, des copies de divers manuscrits existant en France, et ce projet de bibliothèque publique, dont la mise à exécution fut seulement tentée, et qui eut exercé une si grande influence sur les progrès de la civilisation, il l'avait empruntée aux Orientaux )».
Durant la première moitié du xiv^ siècle fut composé un opuscule latin. PJiilobiblion, Tractatiis pulcherritnus de amore librorum tout entier consacré à la louange du livre, et qu'on peut considérer comme le plus ancien ouvrage de bibliophilie que nous ait légué le Moyen âge. Ce petit livre est de Richard de Bury. le fondateur de la bibliothèque d'Oxford.
Les livres ont aussi trouvé à cette époque, dans le grand poète Pétrarque, qui était lié d'amitié avec Richard de Bury, le plus enthousiaste apologiste. Pétrarque tombait dans Ihvpocondrie quand il cessait de lire ou d'écrire, nous apprend M. Alfred Mézières. C'est lui qui a posé les premiers fondements de la bibliothèque de Saint-
Marc. On montre encore à la bibliothèque Laurentienne à Florence un manuscrit des lettres de Cicéron, Ad familiares, copiées par Pétrarque, gros recueil à épaisse couverture de bois garnie de cuivres, qui faillit coûter cher à son maître. Pétrarque l'avait mis debout contre la porte de sa bibliothèque. Mais en passant parla, il renversa plusieurs fois le livre^ qui vint chaque fois le frapper à la jambe gauche et à la même place. Il en résulta une blessure qu'il négligea d'abord, qui le fit ensuite beaucoup souffrir et le mit en danger de perdre la jambe.
Mais c'est la librairie de Charles V qui fit surtout rapidement oublier tout ce qu'on avait vu en France sous les règnes précédents. Christine de Pisan, qui l'avait admirée, a porté sur elle ce témoignage : « Ne dirons-nous encore, de la sagesse du roi Charles, le grand amour qu'il avait à l'étude et à la science. Et qu'il soit ainsi, bien le démontrait par la belle assemblée de notables livres et belle librairie qu'il avait de tous les plus notables volumes. »
En effet, Charles V avait une véritable passion pour les livres. Raoul de Presle lui disait : « Vous avez toujours aimé la science et honoré les bons élèves et étudié continuellement ces divers livres et sciences; et vous n'avez eu d'autre occupation. »
« Les livres de Charles V, écrit M. Léopold Delisle, étaient primitivement déposés au palais. Ce fut en 1367 ou 1368 qu'on les installa dans une tour du château du Louvre, la tour de la Fauconnerie, qui venait d'être restaurée ou peut-être même reconstruite à neuf, sous la direction de Raymond du Temple. On affecta d'abord à cette installation deux étages; un troisième fut jugé bientôt nécessaire. Les murailles du premier étage furent entièrement recouvertes avec du bois d'L-lande, qui avait été donné au roi par le Sénéchal de Hainaut; la voûte fut garnie de bois de cyprès. L'entrée de chaque pièce était fermée par une porte haute de sept pieds, large de trois et épaisse de trois doigts. Le maître des œuvres avait essayé d'approprier au nouveau local les bancs et les roues de l'ancienne librairie du palais. Je laisse de côté les trente petits chandeliers et la lampe d'argent qui, au dire de Félibien et de Sauvai, étaient suspendus à la voûte et permettaient de travailler le soir et même la nuit. Ce système d'éclairage paraît avoir été établi non pas dans la tour de la Fauconnerie, où se trouvaient ces livres, mais bien dans la grosse tour aux joyaux. »
LES BIBLIOTHEQUES
On sait qu'en 1429 le duc de Bedford s'empara de celte bibliothèque et l'enleva. Il en est rentré en France quelques volumes, et l'on peut les admirer à la Bibliothèque Nationale.
Mais la bibliothèque du roi de France ne fut reconstituée que sous Louis XI. « C'est lui, dit M. Albert Cim, qui réunit au Louvre les collections éparses dans les résidences royales et y joignit les livres
GUILLAUME BCDE.
(Bibliothèque Nationale, Estampei.)
de son père le duc de Guyenne, puis une partie de ceux du duc de Bourgogne. »
Charles VIII et Louis XII puisèrent largement dans leurs expéditions d'Italie et purent rassembler au noyau principal plusieurs éditions rares, surtout Louis XII qui trouva à Pavie, chez les Sforza, des merveilles innombrables. « Cependant, écrit M. Henri Bouchot, réunie à Blois, sous la garde de Jean de Labarre, la librairie royale
THÉvENiN ET LEMiERRE. — Les l'^tapcs d'uii Livro. 10
n'occupait point encore une grande place, en dépit de ses accroissements. Sous Charles V le nombre des livres était de mille environ. Vers 1500 ou 1510 il était à peine doublé, et les imprimés n'y comptaient pas pour plus de deux cents volumes. »
François I" transporta la bibliothèque du roi, de Blois à Fontainebleau. Et ce fut le célèbre Guillaume Budé qui reçut la charge de maître de la librairie. Avec lui commence le système des acquisitions et des agrandissements continus. « Mais, comme le fait remarquer le savant historien dont nous venons de citer le jugement, les livres placés à plat les uns à côté des autres ne donnaient en aucune façon, à cette époque, l'idée d'une bibliothèque moderne. C'est pourquoi les plats de la reliure avaient seuls de l'importance, à cause de leur place sur les rayons. Le même écrivain nous apprend encore que sous Henri II, le dépôt de Fontainebleau fut un peu mis au pillage pour Diane de Poitiers. Mais, comme correctif de cette dilapidation, le roi prit le parti d'une mesure, conservée depuis, et qui allait substituer aux acquisitions de rencontre un apport régulier et ininterrompu. C'est la remise par les éditeurs à la bibliothèque d'un exemplaire sur vélin et relié de tous les ouvrages imprimés avec privilège. L'ordonnance était de 1556, les successeurs de Henri II n'eurent que ce moyen de continuer les accroissements de leurs fonds de volumes.
« Henri III, qui n'avait point pour Fontainebleau la prédilection de son grand oncle, ordonna le transport à Paris des ouvrages enfouis dans le château. Il y joignit ceux de la reine Catherine de Médicis, provenant du maréchal Strozzi, et comme le collège de Clermont était devenu vacant par la dispersion des jésuites, il logea, plus tard, la bibliothèque dans une des salles de cet établissement, sous la garde de Jacques-Auguste de Thou, maître de la librairie.
« Voilà donc le dépôt royal venu à Paris; mais avant son installation définitive, avant qu'il fût rendu public, il allait se passer plus d'un siècle, durant lequel les agrandissements se firent, les achats se multiplièrent et le nombre des manuscrits et des imprimés s'augmenta dans des proportions énormes.
« Nous aurons ensuite à parler de Richelieu et de Mazarin. C'e>t au premier que nous devons la création de la bibliothèque de la Sorbonne. Sa collection, échueà lamaison de Sorbonne, a été dispersée pendant la révolution. Quant à Mazarin, il nomma à la direction de
LES BIBLIOTHEQUES
la librairie le célèbre Gabriel Naudé. celui qui dans son Advis pour dresser une bibliothèque, approuve hautement la maxime de Richard de Bur}', « que tous les moyens ou à peu près sont bons pour se procurer des livres. » A la fin de l'année 1643, la bibliothèque de Mazarin renfermait douze mille imprimés et quatre cents manuscrits. Elle fut ouverte pour la première fois au public au mois d'octobre de la même année. Installée dans son magnifique hôtel de la rue de Richelieu, où devait plus tard se loger définitivement la Bibliothèque
cl. Hachette.
BIBLIOTnEQLE MA2ARINE.
Royale, elle était accessible aux éruJits tous les jeudis de huit heures à onze heures, et de deux à cinq.
« Tandis que la Bibliothèque Mazarine se prêtait libéralement aux besoins du public, écrit M. Henri Bouchot, colle du roi demeurait fort à l'étroit dans des pièces exiguës. Colbert, préoccupé de cet état de choses, offrit au roi deux maisons à lui situées rue Vivienne, où les volumes alors réunis trouveraient un emplacement plus convenable, sans compter des réserves pour les accroissements. L'émigration se fit en 1666; le dépôt du roi allait pendant cinquantecinq ans habiter à quelques pas seulement de sa demeure définitive :
l'hôtel de Nevers. On appelait ainsi à la fin du xvii'= siècle, la splendide demeure de Mazarin, sise près de la porte de Richelieu, dans la rue du même nom.
« Grâce à l'administration de Colbert et aux libéralités du roi, la collection s'était augmentée du triple environ. Nicolas Clément qui travaillait au classement et au catalogue comptait 33 000 volumes, au moment du transport de la rue Vivienne. Quand on dressa le
Li. Aljet.
lîinLIOTHEQUE NATIONALE.
nouvel inventaire, en 1714, les cotes portaient sur 43 000 volumes imprimés.
« Quand la banque de Law, qui avait été logée quelque temps à l'hôtel de Nevers, disparut avec la ruine du système, l'abbé Bignon comprit l'importance que ce palais délaissé pouvait avoir pour y installer commodément les collections royales. On était en 1721. Le dépôt venait d'être subdivisé en quatre sections, ou, comme ou le disait alors, quatre départements distincts : manuscrits, imprimés, livres, planches gravées. Le maître de la librairie poussa le régent à profiter de l'occasion, ce qui fut accordé. Dès le mois de septembre.
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le déménagement commença, et de la rue Yivienne la bibliothèque du roi entra dans l'ancien palais Cardinal, qu'elle ne devait plus quitter jamais. »
Nous savons ensuite qu'à la Révolution, le nombre des imprimés atteignait déjà le chiffre considérable de 300 000 et que les projets d'agrandissement allaient bientôt commencer.
De nos jours, la Bibliothèque Nationale occupe à peu près la même surface qu'à cette époque, bien que de grandes modifications
Cl. Hachetle.