EN-TETE DE GRAVELOT
léger, non sans quelque défaut de recherche et d'affectation. Instruit et fort bien dirigé, il fut le protégé de 3Ime de Pompadour, accompagna le frère de la favorite en un voyage en Italie et guida le jeune Abel Poisson à travers les merveilles de la péninsule.
Il commença par graver des frontispices et de charmantes lettres ornées; il se complaisait dans l'allégorie et inventa d'exquises compositions pour l'éditeur Jombert. On lui ào\i V Astronomie physique et les planches de la Méthode de Dessin, d'après Boucher ; de nombreux titres gravés, qui furent imités à l'infini au xviii* siècle, et les œuvres de Mme Deshoulières. Chez François Didot, il commença à graver un Molière, mais la mort de l'éditeur en 1757 arrêta le travail, et il n'en subsiste que le Tartufe in-8°. Il donna ensuite les œuvres de Rousseau in-4° à Bruxelles; celles de Boileau in-8" chez David et Durand et l'Histoire de France de Hénault avec un très grand luxe de vignettes.
Les guirlandes, les rubans, les amours et les lettres ornées des Cochin eurent une telle vogue que d'autres graveurs se lancèrent sur les mêmes traces.
Hubert-François Gravelot en porta la mode en Angleterre. Sa décoration était d'une extrême légèreté et d'un sel, d'une audace toute gauloise, qui surprit et choqua peut-être les Anglais. Il gravait peu par lui-même. C'est cependant en Angleterre qu'il publia Le DJcaméron (1737) et cent vignettes diverses, tandis qu'il composait en France le théâtre de Corneille (1764).
LETTRINE DE GUAVELOT.
Avec Eisen on arrive à une véritable perfection de l'art du xvnr siècle, et à l'union parfaite de la gravure et de la typographie. 11 suffit de jeter les yeux, pour s'en convaincre, sur les Lettres d'une Péruvienne ou sur les Lettres turques. Son abondance et sa facilité lui permettent de pousser l'art de la décoration à sa plus rare perfection, en déployant ses gracieux génies ailés, ses guirlandes et ses blasons. Le dernier mot du genre se trouve dans Les Baisers de Dorât V
Il nous faut mentionner, à côté d'Eisen, le délicieux Choffard. « Sous sa pointe, écrit M. Henri Bouchot, le fleuron devient un chef d'œuvre, le cul-de-lampe un délicieux amalgame des ornements