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LA SOIREE AU CHATEAU

d'apràs Moreau le Jeune.

comme l'on sait, durant les premières années du xix" siècle. Si des artistes comme Moreau le Jeune avaient suivi le mouvement par nécessité, de jeunes arlistes s'y adonnèrent par goût et par tempérament. De ce nombre furent Prud'hon, Gérard, Girodet Trioson,

puis Desenne. Avec l'aide de pareils collaborateurs, la maison Didot entreprit dans les ateliers du Louvre la collection dite « du Louvre » avec le fameux Racine in-folio en trois volumes. Lesillus-

L nO.MME D ETAT ALLANT A LA MESSE,

d'après Moreau le Jeune.

trateurs composèrent cinquante-sept figures, et l'on peut dire que l'ornementation de cet ouvrage fut de tout premier ordre et d'une admirable tenue d'exécution. C'est chez les Didot également que l'on donna quelques années plus tard une belle édition de Paul et

Virginie et de La Chaumière Indienne. Le public se complaisait alors soit dans une littérature héroïque et conventionnelle, antique et sévère, soit dans la douceur harmonieuse d'un Bernardin de Saint- Pierre. La décoration du livre suivait le courant. On ne retrouve plus rien de la grâce d'autrefois, plus de pipeaux, de rosés, d'amours joufflus ni de pimpantes herg'ères. Tous les personnages, à présent, sont vôtus ou déshabillés à l'antique. Leur tête n'est plus ornée de

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d'après Moreau le Jeune.

perruques poudrées, mais coiffée de boucles serrées aux tempes par une bandelette; les femmes portent des robes avec des tailles hautes, depuis les princesses jusqu'aux paysannes; les hommes se promènent nus, un casque à panache sur la tête, parfois levant les yeux au ciel, avec un regard qui implore, ou bien agitant et tordant leurs longs bras musclés, comme pour prendre à témoin l'univers. La simplicité de ces dessins ne manque pas d'une certaine beauté. C'est dans ce genre qu'ont travaillé les Girodet, les Gérard, les Chaudet, et d'autres moins connus.

Ce genre qui s'adaptait si parfaitement par son style au temps et

au goût héroïque Je l'empire Napoléoniea, subit une transformation, s alourdit et s'embourgeoisa sous la Restauration, à l'époque de Louis XVIII et de Charles X. Les héros vont perdre leur fière allure et leur noble maintien. Toute expression martiale disparaît.

Ils se rangent

Puis, soudain, avec le romantisme, se forme une école nouvelle

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