‹ Les étapes d'un volontaire (volume 4)Chapitre 4 sur 12 · C. M. AUain, âgé de 28 ans, né a Paris · texte numérisé non relu

C. M. AUain, âgé de 28 ans, né a Paris

instituteur, rue Eloy.

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L. Dessinard, âgé de 23 ans, né a Versailles, commis-banquier, chez Mézières.

L. Selle, âgé de quarante-quatre ans, entrepreneur de farines, inspecteur général des effets militaires de l'armée de l'intérieur.

T.-C.-L. Maillé, âgé de dix-sept [ans, fils de l'ex-vicomte de ce nom, rue du Bac.

P.-R.-A. Maillé, âgé de trente-sept ans, né a Virlante, ex-noble, ex-prêtre, cousin du précédent, rue Caumartin.

P.-L. Champigni, âgé de cinquante-neuf ans, né à Dulan, ex-curé de Villepante.

G.-F.-G.|Graiudorge, âgé de 34 ans, né a Lisieux, ex-comte de Ménil-Durand, exadjudant-général, rue de la Loi.

A. L. J. Fiasigni, âgé de 31 ans, né et demeurant a Charme, lieutenant en second au ci-devant régiment des gardesfrançaises.

N. H. L. Flavigni, âgée de 28 ans, excomtesse, femme Desvieux, rue Neuve-

Augustin.

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C. L. S. Soyecourt, âgée de 35 ans, née a Paris, ex-baronne, veuve d'Inisdal, rue du Pelit-Vaugirard.

E. P. H. Dubois, âgée de 36 ans, femme de Fleury, avocat-général au parlement de Paris, rue de Valois.

J. Pingrai, âgée de 21 ans, femme de Mursin, directeur des ci-devant Fermes, rue de la Loi .

J. Gravier de Vergennes, père, âgé de 75 ans, ex-comte, rue Neuve-Eustache.

G. Gravier de Vergennes , âgé de

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42 ans, ex-noble, ex-maîlre des requêtes, capilaine de chasseurs, ex-offîcier municipal.

]Mme L. Laval-Monlmorcncy, âgée de 72 ans, ex-abbesse de Montmartre, retirée a Frauciade.

F.-C. Thibaut-Lagarde, âgé de 31 ans, né a Saint-Angenne, officier au ci-devant régiment des gardes-françaises, ex-noble, a Rouen.

C.-A Charleral, âgé de 46 ans, né a Aix, ex-noble, ex-lieutenant de la garde du tyran, a Colombe.

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Dagueix, âgé de 43 ans, ex-officier de la même garde, rue du Pelit-Bourbon,

A.- P. Albert de Beruile, âgé de 39 ans, premier-président au ci-devant parlement de Grenoble, a Sens.

P.-M.-V. Beauvilliers de St-Aignan, âgé de 27 ans, ex-duc de St-x\ignan.

F.-C. Bérenger, âgée de 29 ans, femme de Beauvilliers de St-Aignan, rue de Grenelle-Germain.

P. G. Gopin-de-Villepreux, âge de 43 ans.

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ex-chevalier, capitaine de cavalerie, rue du Four.

J.-H. Laboulbenne-Montesquiou, âgé de 43 ans, né à Agen, ex-noble, ex-prétre de Saint-Roch, et ex-grand-vicaire, rueFavart.

F. Gigant-Bois-Bérusier, âgé de 50 ans, ex-chanoine et grand-vicaire de Sens, rue Poissonnière.

J.-F. Gauthier, âgé de 24 ans, né à iMoissac, ex-page du tyran.

P. du Coulent, âgé de 56 ans, né a la

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Côte-André, ex-prêtre, rue des Portes.

Le lecteur comprendra sans peine, et sans que j'aie besoin de la décrire, l'émo-

tiou que ce départ causa dans notre prison, car personne n'ignorait que cette première fournée de victimes était seulement une préface du massacre général qui nous attendait.

Anselme ne pouvait se consoler de cette hécatombe de victimes. Il croyait de bonne foi, dans sa loyauté, qu'il était la cause première de cette boucherie humaine.

— Mais, mon cher ami, lui dis-je, tes

remords n'ont pas le sens commun ! Réfléchis un peu, je le prie, que parmi les victimes accusées d'une tentative d'évasion, se trouve l'ex-abbesse de Montmartre, madame Laval de Montmorency, qui est âgée de 72 ans, et percluse de tous ses membres. 11 est donc de toute évidence que Fouquier et Coffinhal savent parfaitement bien que ceux qu'ils envoient a l'échafaud n'ontjamaiseumêmele pensée de s'évader.

— Au fait, lu as peut-être raison, me répondit-il, s'ils n'avaient pas trouvé ce prétexte, ils en auraient inventé un autre, tout aussi mauvais, et ils n'en seraient pas moins arrivés a leurs fins. Je coojmence

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à croire que je puis avoir la conscience en repos. Ça ne fait rien, j'écrirai encore demain a Fouquier...

Celle fois, je ne répondis plus, pour ne pas, connaissant son opiniâtreté, exaspérer Anselme, mais je me promis bien en moi-même que j'empêcherais sa seconde missive d'arriver a sa destination.

Peut-être le lecteur me sanrait-il i^ré d'entrer dans quelques détails sur celte journée du 5 thermidor, qui venait de si fort éclaircir nos rangs. Hélas ! je ne m'en sens pas la force. Vin^rt fois déjà, depuis que j'écris les souvenirs de ma captivité,

ma plume s'est refusée à tracer les sanglantes ou ignobles Infamies dont j'ai été le témoin. En arrivant au dénoùment de mon récit, je me trouve a bout de courage.

,1e ne puis cependant m'empêcher de mentionner deux courts épisodes qui eurent lieu et qui caractérisent j)afaitement cette lugubre époque de l'an II de la République.

Le premier se rapporte au jeune Maillé, enfant de t6 a 17 ans au plus,dont le nom figure dans la liste que je viens de donner. Arrêté b l'âge de U ans et demi, Maillé

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habilail depuis plus de vingt mois les prisons de Paris : il fut envoyé a l'échafaud le 6 thermidor pour avoir, la veille, jeté un hareng pourri à la tête de Périnal.

Le second l'ait concerne justement la mère de ce pauvre enfant. Il y avait a Saint-Lazare deux détenues portant à peu près le même nom ; l'une s'appelait Maillé et l'autre Maillet. On se trompa, et l'on emmena la seconde pour la première. Au tribunal, on s'aperçoit enfin de cette méprise:

— Qu'importe, dit Colïinhal, passons a une autre !

Ainsi, la ciloyenneMailIet fut guillotinée pour le prétendu projet d'évasion imputé a la comtesse de3Iaillé.

a Nous avons fait d'une pierre deux, coups, dirent Coffinhal et Fouquier-Tinville; par ce moyen l'ex-ci-devant comtesse se trouve jugée aussi! » En effet les monstres l'envoyèrent chercher pendant la nuit, et quoique terrassée par une violente maladie de nerfs, et gisante sur son lit, elle fut guillotinée le lendemain sans avoir comparu devant le tribunal.

Le lendemain 6 thermidor, le porteclefs Leduc m'aj)pril que tous nos compa-

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gnons d'inforlune, partis la veille devaient être, — ce qui eut lieu en effet, — guillotines dans la journée. Une seule personne échappa h ce massacre, ce fut la duchesse de Sainl-Aignan, qui, s'élant déclarée enceinte, obtint, par miracle, un sursis de quelques jours.

Leduc me remit ensuite la pièce suivante, que l'on venait de recevoir au greffe de Saint-Lazare; je la copie textuellement: Nos malheureux compagnons de captivité avaient été condamnés comme:

« Convaincus de s'être déclarés les en- » nemis du peuple, en entretenant des

» intelligences avec lesennemis de TËtat,

> en leur fournissant des secours, en par-

> ticipant aux complots, trames et assas- » sinats du tyran et de sa femme contre le K) peuple ; en conspirant dans la maison » d'arrêt, dite Lazare, a l'effet de s'évader » et de dissoudre, par le meurtre et l'as- » sassinat des représentants du peuple, » et notamment des membres du comité

> de salut public et de sûreté générale, le t gouvernement républicain, et de réta » blir la royauté; enfin, en voulant » rompre l'unité et rindivisi!)ililé do la » llépublique. »

Telle était cette pièce, outrageant a la fois la langue française et l'humanité, qui

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avait fait monter vingt-cinq innocentes victimes sur l'échafaud.

Vers midi de cette journée du 6, la femme Semé revint de nouveau nous annoncer, avec cette même joie ignoble et féroce qu'elle avait déjà montrée la veille, que nous n'eussions pas a nous impatienter, que l'on s'occupait de nous, que nos carrosses ne pouvaient larder encore longtemps a apparaître.

En effet, après une agonie morale qui dura trois heures, nous entendîmes résonner sur les pavés de notre cour les roues des chariots.

Par un raffinement de cruauté inqualifiable, Phuissier, chargé d'appeler les victimes de celle seconde journée, ne procéda que deux heures après l'arrivée des charrettes, à celte lugubre formalité.

Pendant deux heures entières, nous eûmes donc le triangle de la guillotine, la terrible épée de Damoclès de l'an II de la République, suspendu sur nos têles.

Plusieurs détenus, irrités d'abord, puis énervés ensuite par cette longue attente, perdirent connaissance.

Je copie encore textuellement, et en

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m'abstenant de tout commentaire et de tout récit ; car, je le répète, je me sens a bout de forces et de courage devant ces poignants souvenirs, je copie donc encore textuellement, dis-je, celte seconde liste; elle contenait les noms de :

J. A. Roucher, âgé de4^9 ans, né a Montpellier, homme de lettres, rue des Noyers.

A. Chénier, âgé de 31 ans, né a Constantinople, homme de lettres, rue de Cléry.

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