CHAPITRE XXVII
Le jeune et complaisant lieutenant, que j'écoutais avec une attention et un intérêt que 1© lecteur comprendra sans peine, alluma alors un autre cigare, et prit de nouveau la parole.
— Le chef le plus brillant et le plus chevaleresque qui ait jamais commandé les Vendéens est sans contredit Henri de la Rochejacquelin. Je ne m'appesantirai pas sur le caractère et les qualités brillantes de cet héroïque jeune homme, car il est impossible que vous n'en ayez pas entendu parler. Il a été tué, du moins le bruit en court, dans les premiers jours de germinal de celle année. Il avait alors vingt-un ans.
Je ne vous parlerai également que pour mémoire de Cathelineau, d'Elbée, de Lescure et de Bonchamp, qui tous sont noblement tombés victimes de leur courage et de leur dévoiiment, et j'arrive de suite
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aux. deux hommes qui représentent aujourd'hui a eux seuls la Vendée militaire : Charette et Stofllet.
Charelte, qui s'est acquis, surtout dans la Basse- Vendée, une réputation colossale, est un de ces esprits fortement trempés, une de ces organisations fougueuses et froides tout à la fois, qui se rient des difficultés les plus insurmontables et aiment a se prendre corps a corps avec l'impossible. Ce chef vendéen qui, dit-on, fut si mal reçu a Goblentz lors de l'émigration, comme n'ayant aucun usage du monde, est traité aujourd'hui de restaurateur de la monarchie et reçoit des compliments autographes de tous les souverains d'Europe.
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Doué d'une activité prodigieuse, d'une ténacité inébranlable et d'un coup d'oeil aussi juste que rapide, Charette se trouve, par un de ces hasards qui font les grands hommes, placé juste dans son milieu. Cet homme semble né pour être chef de partisans. Je ne vois pas trop, si lesrivalilés et les divisions intestines des Vendéens ne nous viennent en aide, comment nous parviendrons a le vaincre. Après Gharelte, le général royaliste le plus remarquable est sans contredit Stofflct. Simple pajean, ancien garde-chasse et dénué de toule éducation, Stofflet ne doit qu'à son propre mérite la haute position qu'il occupe. Son esprit droit, prudent et circonspect, s'allie a son courage à toute épreuve. Nul ne sait attendre avec plus de patience et de rési-
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gnation que lui le moment opportun ; mais une fois l'heure venue, son impétuosité ne connaît pas d'égale ; son élan ressemble a celui du lion : aussi est-ce chose malheureusement fort fare que de le voir échouer dans une attaque.
Les grandes qualités de ces deux, généraux sont obscurcies par l'implacable cruauté qu'ils montrent dans leurs victoires ; l'esprit chrétien et clément de Bonchamp leur semblerait une faiblesse; incapables si le sort les trahissait de demander grâce, ils sont sans pitié.
— Ainsi, les horribles cruautés que l'oa
attribue particulièrement à Charete sont vraies? dis-je au complaisant lieutenant en l'interrompant.
— Je suis trop juste et trop impartial, me répondit-il, pour me faire l'écho des odieuses calomnies imputées a ce grand homme de guerre. Charete ne s'est jamais rendu coupable de ces épouvantables exécutions si artistement préméditées et accomplies avec tant d'amour, si je puis m'exprimer ainsi, dont plusieurs représentants, et notamment Carrier, sont si friands ; Charete exaspéré, — et vous verrez tout a l'heure que ce n'est pas sans motif, — par les abominables persécutions dont les siens sont quotidiennement
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viclimes, a juré de ne faire quartier a aucun bleu, et il tient parole. Si vous tombez jamais entre ses mains, n'attendez de lui ni grâce ni pitié, et songez surtout que vingt-quatre heures ne s'écouleront pas sans que l'on \ous fusille : seulement, si on vous immole, on ne vous mutilera pas, et vous tomberez sans avoir à passer par l'agonie...
— Je vois avec plaisir, mon officier, dis-je a ma nouvelle connaissance , que votre impartialité vous met en dehors des passions du moment. Les renseignements que vous voulez bien me donner acquièren t de votre sagacité et de votre modération un double prix a mes jeux. Voilez-vous
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bien, avec celle même franchise que vous m'avez montrée jusqu'à présent, me dire d'où viennent les premiers torts dans cette guerre terrible?
— Hélas! me répondit-il, je suis forcé de convenir que c'est de notre côté. Le Vendéen , je vous l'ai déjà dit, dont un des traits de caractère le plus distinctif est une grande indépendance, se souciait fort peu, lorsque la révolution a éclaté , de la royauté et de la noblesse. Si la Convention n'avait pas été le troubler par d'odieuses et maladroites persécutions dans sa vie intime, il n'aurait jamais songé a prendre les armes. Le nom du roi qu'il invoque aujourd'hui n'est certes pas le vrai motif
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qui le pousse a verser son sang avec tant de prodigalité et de courage. Si nos gouvernants n'avaient pas été aveuglés par la passion, et qu'une fois cette déplorable guerre engagée ils eussent, au lieu d'employer la force, essayé de la clémence, les hostilités se seraient bornées a quelques escarmouches insignifiantes, et, en un mois, le pays eût été pacifié ! Au lieu de cela, ils ont redoublé de rage et de fureur! Qu'en est il résulté? Que ces paysans, que l'on espérait vaincre si facilement, ont été métamorphosés par les persécutions en intrépides soldats et tiennent aujourd'hui en échec toutes les forces de la République.
Le fait est que je n'ai jamais pu
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concevoir celle longue et héroïque résistance.
— Elle s'explique aisément, en dehors des qualités helliqueuses des Vendéens, par l'ineplie et l'inquiète jalousie de la Convention qui , craignant toujours de voir u"n de ses généraux arriver par le prestige des victoires a la dictature militaire, eut pour règle conslante de conduite, soit de choisir des chefs inhahilcs, soit de frapper ceux qui obtinrent des succès. La consommation de généraux qu'elle a faite en un an est inouïe et prouve surabondamment ce que je viens d'avancer. Après chaque victoire, elle révoqua impitovablemeut le général dont le nom
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commençait à devenir populaire : témoin Bevssier, ïloiichard, Cusline, Canclaux, Beauliarnais, Dillon , GrouchVj Biron , Westermai), Beaupuy, Marceau et Klcher, qui furent tous arraciiés à leur commandement et jetés dans l'obscurité et la disgrâce ou livrés au bourreau.
>ous comprendrez aisément combien l'inexpérience des généraux, appelés brusquement a diriger une guerre tout exceptionnelle, qu'ils ne connaissaient pas et qu'ils avaient besoin d'étudier, a dû occasionner d'irréparables erreurs, de tâtonnements déplorables. A présent, pour en revenir a la question que vous m'adressiez tout a l'heure, a savoir de quel côté sont
les premiers torts, je puis, si vous le désirez, vous communiquer, a l'appui de la réponse que je vous ai faite, des documents officiels que je possède et que j'apporte au général Vimeux, actuellement commandant en chef de l'armée de l'Ouest. Ces documents authentiques vous apprendront sans doute des faits curieux dont vous n'avez jamais entendu parler.
— Ma foi, je suis loin de refuser votre aimable proposition, répondis-je avec empressement au jeune officier. Je ne vous cacherai pas que je compte écrire plus tard l'histoire intime de notre époque, et que tout ce qui se rattache aux événements actuels possède un grand intérêt pour moi !
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— Alors accompagnez-moi dans ma chambre, me dit mon nouvel ami en se levant de son fauteuil.
Je ne me fis pas répéter cette invitation, et je m'empressai de le suivre.
— Voici, me dit-il peu après, en retirant de sa valise un rouleau assez volumineux de papiers et de fragments décousus du Moniteur^ de quoi rendre méprisable à jamais l'horrible année 93. Je prends au hasard. Qu'est ceci ? Un extrait dos registres du tribunal militaire de Nantes, lisons :
« L'accolade fraternelle a été accordée
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» à des jeunes gens de la ville de Rennes, » qui ont envoyé une dépulalion pour de- » mander a être eux-mêmes les exécu- » leurs des jugements criminels, qu'on » doit exécuter militairement, afin d'as- » souvir la rage que leur inspire l'exis- > tence des bandits.
» Signé : brutus magnieu, président. »
Je prends un autre feuillet des registres du même Iribunal, et je lis :
« 25 nivôse. Jugé, condamné, exécuté > sans désamparer soixante et dix-huit
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» brigands mâles et femelles qui, par d'in- » décentes et inciviques prières^ conspi- » raient en prison contre la sainte éga- » lité. »
Que pensez-vous de cela ?
— Je ne trouve pas d'expression assez forte pour vous peindre mon horreur!
— Voici un nouvel échantillon du style du président de ce tribunal, le nommé L. P. B. Bru lus Magnier, écrivant à un de ses collègues d'une commission militaire. Lisez vous-même :
« Envoie-moi pour demain six gibiers » de guillotine. Tu y mettras ce que tu a voudras. La choses est pressée. »
Tenez, Yoici maintenant un fragment de littérature de l'excellent cito} en Caton Durondelle qui présidait une commission aussi expéditive que celle dirigée par Brutus Magnier; c'est un rapport que le citoyen Caton adresse au représentant en mission, Francastel .
« Selon tes ordres, mon représentant, » nous condamnons tous les jours des tas » de soutiens de Pilt et Cobourg. Il y en a » parmi eux qui ont le front de demander
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» les preuves que la nation a contre eux. » La nation a supprimé cet abus de l'an- » cien régime. Ils sont coupables parce ') que nous le voulons, et ils meurent parce » qu'ils sont riches, voila : en attendant, » j'en tue, bon jour, mal jour, de soixante » a quatre-vingts : encore quelques sai- » gnées, et la nation sera rafraîchie. »
A présent, passons aux faits. Un cabaretier nommé Le Bateux, le lieutenant ou le fondé de pouvoir de Carrier, portait,- lorsque je servais en Vendée et en Bretagne, la mort et la désolation sur son passage. A la tête d'une armée d'assassins dont
Avril était le chef, il passait, sans pitié, par les armes tous ceux qui lui tombaient
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SOUS la main. Une fois, entre autres, il surprit a Bourg-Paul-Musillac une centaine de villageois réunis a l'église : il les fit immédiatement fusiller dans le cimetière.
Quelques jours plus tard, le 21 nivôse de l'an lî, il écrivait a son ami Carrier la lellre que voici :
t Ça va ! mon digne représentanl, ça va » presque aussi crânemonl qu'a Nantes. Je » fais rôtir les aristocrates, et toi tu les » noies. Je suis donc plus chaud que toi. » Avril est un excellent sans-culotte; » mais ton collègue Tréhouart voudrait > s'opposer un peu a mes justices nationa-
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» les. Ce crapaud de Marius ne m'intimide » guère. Je sais que nous sommes encou-
> rages et appuyés par le Comité de Salut
> public.
> Il faut donc régénérer l'espèce hu- » maine en épuisant le vieux, sang. Tuons » toujours, il restera encore assez de pré- » iuffés et de sottises dans cette Bretagne » infestée de la lèpre papalo-monarchi- » que. »
A peu près li la même époque, deux, commissaires, envoyés a Saumur par la commune de Paris, afin de surveiller les opérations des tribunaux révoluliounai-
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res, écrivaient, sous la date du 26 frimaire, au Comité de Salut public :
c< Salut, fraternité, joie, santé, persé- » vérance e": célérité dans les mesures » révolutionnaires, ça ira ;
» La poste part, et des brigands atten- » dent notre signal pour monter a la gull- » lotine. En voila quatre cents depuis D quinze jours que nous y faisons monter.
» Signé : feux et millier. »
Voici une seconde lettre que l'un des.
deux signataires de ce billet, si plein de laconisme et d'énergie, le nommé Millier, adressait, cinq jours plus tard, toujours au Comité de Salut public :
« Les brigands nous manquent pour » nos cérémonies expiatoires en l'hon- » neur de l'égalité. Mais les environs de » Saumuret les villes voisines sont pleins » de patriotes tièdes, de cœurs affadis » dans le modérantisme, de coquins qui » sont riches et qui tremblent devant nos > justices. Nous allons les faire cracher au » bassinel de réj/a/j/é. Aujourd'hui, dix-sept » viennent d'être condamnés. Ils avaient » des fortunes scandaleuses et des vignes » en plein rapport. Nous déclarons cela » propriété nationale. La modération est
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j un crime. Pour frapper aussi vertement » nous n'avons pas besoin d'ordre. Nous » vous connaissons, citoyens représen- » tants, et nous savons bien que nous n'in- » terprétonsl que faiblement vos pensées » civiques. »
Jean-Bon-Saint-André et Laplanche avaient aussi, a la même époque, dressé des enfants vendéens au maniement du fusil, aûn qu'ils fussent à même de fusiller leurs pères et leurs parents. Dubois-Crancé en aj^it de même en Brelagne.
— Horreur et infamie ! m'écriai-je en interrompant le lieutenant. Savez-vous
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bien, mon oflïicier, coulinuai-je après un moment de silence, qu'après les documents que vous venez de me communiquer, je n'oserai plus me servir de mss armes contre les Vendéens. Ali ! je regrette vraiment qu6 vous m'ayez communiqué tous ces aiîreux documents.
— Notre mission, à nous autres militaires, me répondit tranquillement le jeune lieutenant, est de combattre et non de raisonner. Quant a ces documents que je porte au général Vimeux, puisqu'ils vous affectent à un tel point, n'en partons plus.
Ma nouvelle connaissance, en prononçant ces mois, se mit eu devoir de refcr-
lïier sa valise, mais le saisissant alors par le bras :
— Je vous en conjure, lui dis-je, n'attachez aucune importance a mon exclamation et continuez la lecture de ces pièces historiques qui m'intéressent au dernier point. Ne possédez-vous aucun document qui se rapporte au commandement du général Turreau et a ses colonnes incendiaires ?
— Je vous demande pardon. Voici juslement un rapport adressé par le citoyen Faurès a la Convention et oîi il est question de cette infernale expédition. Désirez-
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vous en prendre connaissance? Je dois vous avertir loutefois, vu voire excessive sensibilité, que les détails qu'il conlient sont navrans.
— Donnez toujours, répondis-je en souriant, je veux faire en sorte de m'habituer a la pensée des horreurs que je verrai peut être se renouveler.
Je rapporte ici textuellement le rapport, daté du 2 germinal an II, du citoyen Fdurès :
« Chaque jour nous parviennent des
ibl
» détails plus affreux les uns que les au- » 1res sur les crimes dont se souillent » quelques généraux indignes de servir la
> République, Je vous dirai, citoyens re- » présentants, qu'il est de l'intérêt bien » entendu de la nation d'en étouffer jus- » qu'au souvenir, et c'est pour cela que je » vous écris confidentiellement. On fait la » guerre aux liorames et aux femmes, » c'est très bien ; mais entre-t-il dans les » intentions du Comité de Salut public de » la faire aux enfants? Ils nous sont hos- )) tiies, comme tout l'est ici ; mais ces en- » fants, aussi lijpocrites que rusés, nous j» poursuivent par d'autres moyens. Il fau- » drait les épargner pour les accoutumer
> au bonheur de la liberté, et on les force
> à devenir les dénonciateurs de leurs pa-
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» reiils; ils refusent et on les lue. Il y a ï quatre jours, près de la Chàlaigneraie, » un dclachement^de la division Huche a »>encoiiiré un petit paysan, qui, sans » doute, était placé la pour veiller [au sa-
> lut de quelque bande postée dans les » bois voisins. Cet enfant, à peine â^é de » neuf à dix ans, a été arrêté. Après un » interrogatoire fait à coups de baïonï nette, on a voulu lui promettre la vie » s'il instruisait le détachement sur la ï rouiejque devaient|suivre les brigands. » L'enfant a souri et a répondu avec la » nonchalance hypocrite qui les caracté-
> rise tous : « Quand je vous dirais où ils » sont, vous ne|me^croiriez pas; » et les » traitements les plus durs, les promesses » et les menaces n'ont pu l'ammener a
)» quelque révélation. Nos soldais l'ont » tué. Une demi-heure après, de ce déta- » chement, il ne restait plus que deux. » hommes : ils étaient tombés dans une » embuscade dont ce petit était la senti- » nelle avancée* »
— Que pensez-vous de la conduite tenue par ce pauvre enfant ? me demanda le lieutenant après que j'eus lu a haute voix le rapport du citoyen Faurès.
— Je pense, lui répondis-je, que l'on a élevé des statues a plus d'un conquérant qui n'eiit pas été capable d'accomplir un tel sacrifice.
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>— Eh bien ! adjudant, sachez pour votre gouverne que tous les enfants vendéens agiraient encore de même dans une semblable occasion.
— Ah! je voudrais bien maintenant, dis-je avec un soupir, que l'on ne m'eût pas envoyé en Vendée !
— Tenez, continua-t-il , sans tenir compte de mon exclamation désespérée, voici un ordre du jour du général en chef Turreau, qui me tombe justement entre les mains :
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