CHAPITRE XXVI
Me voici arrivé, je n'ose dire a la partie la plus intéressante, mais du moins la plus dramatique de mon récit.
Je regrette, toutefois, que lés événe-
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ments qui Die restent a raconter soient d'une nature romanesque, et semblent appartenir au domaine de Timaginalion; car ma seule ambition , en écrivant ces mémoires, est d'obtenir la réputation d'un narrateur véridique et impartial.
Je prie donc les personnes patientes et courageuses qui ont bien voulu me suivre a travers mes trop longues pérégrinations, de croire que je conserverai, dans celte troisièmieet dernière partie de mes étapes, la même véracité quej'îii montrée jusqu'à présent.
Si mon récit semble parfois s'éloigner
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de l'histoire et se rapprocher de la fiction, que le lecteur, au lieu d'accuser mon imagination, s'en prenne seulement au hasard qui m'a jeté dans cette guerre étrange, pittoresque et terril)le, de la Vendée et de la chouannerie : guerre unique en son genre, que les historiens, selon leurs opinions personnelles, ont présentée de façons si diverses, et que je vais m'efforcer de peindre sans haine, sans passion, sans enthousiasme et sans colère , telle enfin que je l'ai vue.
A présent j'entre brusquement en matière.
Je ferai grâce au lecteur de mon m ^
voyage de Paris a Nantes, qui s'opéra de la f^inon la plus paisible, soit en voilure, soit en descendant le cours de la Loire. Je dirai seulement en passant que la chute de Robespierre, quoiqu'elle fût bien récente encore, avait déjà produit cependant un excellent effet eh province. Les gens les plus timorés commençaient a montrer hautement leur indignation trop longtemps contenue par la crainte, et a maudire les monstres qui depuis doux ans avaient couvert la France de ruines cl de sanff.
Je m'informais partout où je passais de la guerre de la Vendée, mais ma curiosité bien naturelle, à cet égard, ne recevait de
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salisfaclion nulle part. Cette guerre, grâce aux rapports si contradictoires publiés par ordre de la Convention, grâce surtout au danger qu'il y avait a en parler librement, était restée a l'état de mystère. Les patriotes exaltés vantaient les abominables exploits du général Turreau, cet incen-^ diaire en chef qui s'était efforcé de changer en un vaste tombeau les huit cents lieues carrées que comprenait la Vendée dite militaire; les gens prudents se contentaient au seul nom des brigands, — c'était ainsi qu'on appelait les combattants royalistes, — de lever les yeux au ciel d'un air d'indignation profonde; enfin les timorés gardaient un silence opiniâtre.
Ce ne fut qu'eu arrivant a Tours que
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j'obtins des détails, sinon précis, du moins nombreux, — trop nombreux même, — sur les événements qui se passaient alors des deux côtés de la Loire. A Tours, c'était a qui parlerait de la guerre de la Vendée; seulement, comme chacun en parlait d'une façon différente, il m'était impossible de débrouiller, au milieu de ce chaos de nouvelles contradictoires , quelque chose qui ressemblât a la vérité. J'avais beau faire une part a l'exagération, et me placer entre les limites des deux extrêmes, je me trouvais toujours rejeté en dehors de la réalité.
La rapidité avec laquelle j'avais voyagé depuis mou départ de Paris m'ayant mis
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en avance sur les étapes que m'accordait ma feuille de roule, je résolus de rester deux ou trois jours a Tours, et je fus retenir une chambre à Tliôtel du ChariotcVOr.
Le lendemain même de mon arrivée, je fis la connaissance, a table d'hôte, d'un tout jeune officier qui, comme moi, se rendait a l'armée de l'Ouest; seulement cet officier avait sur moi l'avantage de connaître parfaitement la Vendée où il avait déjà combattu.
— Ma foi, lieutenant, lui dif-je, c'est la Providence qui vous a mis sur mon che-
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inin pour me servir de guide. Ne vous étonnez donc pas, je vous prie, de mon indiscrétion et veuillez me pardonner si je vous accable de questions; voila si longtemps que mon imagination travaille dans les ténèbres que je me sens capable de la plus excessive importunité pour arriver a la connaissance de la vérité.
— Ne vous gênez pas, je suis a vos ordres, citoyen, me répondit-il avec autant d'iionnêteté que de complaisance .
— Je vous remercie infiniment. Seulement, j'ai tant de questions a vous adresser que je ne sais par laquelle commencer.
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— Eh bien, pour couper court à vos irrésolulioDS, je vais, si vous le permettez, vous apprendre ce que je sais : or, comme j'ai été chargé par mon général de faire un rapport étendu sur la Vendée, je me trouve aussi à même que qui que ce soit de traiter ce sujet.
— Lieutenant, vous me comblez de joie : pariez, je vous écoute.
L'officier se recueillit un moment, puis s'allongeant dans son fauteuil et allumant un cisare :
- Mon cher adjudant, me dit-il, vous
êtes bien fier et bien content en vous même d'avoir fait la guerre sur les frontières du Piémont. Eli bien! crojcz-moi, les actions auxquelles vous avez assisté ne sont rien en comparaison de ce que, selon toute probabilité, l'avenir vous réserve a l'armée de l'Ouest. En Vendée, le théâtre de la guerre occupe un espace d'environ huit cents lieues carrées. Ses limites peuvent être tracées par une ligne tirée a l'est, dans la direction du Pont-de-Cé a Bissac, Doué, Thouars, Parthenay et Niort; au sud par la route de Niort a Fontenay, Luçon et les sables d'OIonne; a l'ouest par les côtes de la mer jusqu'à Paimbœuf, et au nord , en remontant la rive gauche de la Loire jusqu a Pont-de-Cé. -
Celte enceinte, qui renferme au moins
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huit cent mille habitants, comprend la majeure partie du déparlement de la Vendée, une portion de celui des Deux-Sêvres, et tout ce qui appartient aux déparlements de3Iaine-et-Loireetde la Loire-Inférieure, sur la rive gauche de ce fleuve.
La Loire sert de ligne de séparation entre la Vendée et la chouannerie, car ces deux guerres n'ont rien de commun entre elles, si ce n'est l'acharnement et le courage fanatique et indomptable que déploient les combaltans.
Dans la Vendée, on ne rencontre aucune cité considérable. La population ou-
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vrière e>l répandue dans quelques petites villes el dacà lesboarirs: la population agricole dans de petites fermes isolées, dont le nonbie est considérable. Le chiffre que présente la lolalilé des habi» tants des vilies est donc inûuiment inférieur a c^lui de la masse des campagnards.
L'intérieur de la Vendée présente des sites admirables; je doute qu'il y ail un paysage en France plus grand el plus varié dans son ensemble que celui de Pouzauve. de la montagne des Alloueltes, près les Herbiers, du Puils-de-Lagarde et de la salle de Vithiers : il ne peut en existerde plus beau que celui que Ton aperçoit
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aux environs de Clisson. On trouve dans l'intérieur du pays beaucoup de sentiers étroits et peu de grandes routes; encore ces routes présentent elles de jurandes difficultés a la circulation, suivant le temps et les saisons.
La portion que l'on désigne sous le nom de Gastine ou de Bocage, et qui renferme, de l'est a l'ouest, plus des deux tiers du territoire dans la partie sud, compte beaucoup de bois et de forêts.
La partie nord, du côté de la Loire, se nomme la Plaine, a l'ouest de la Plaine
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se trouve le pays des Mauges et du Loroux.
Le Marais occupe le voisinage de la Dier, notamment de Macliecoul a Saint- Gilles.
L'agriculture en Vendée n'est guère variée : le campagnard, partisan inébranlable de la tradition, suit invariablement la même marche que ses aïeux lui ont tracée depuis des siècles ; il a horreur de l'inconnu; tout essai et toute amélioration l'épouvantent. La Vendée cependant , grâce a la fertilité de son sol et a la simplité des mœurs de ses habitants, peut se
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suffire a elle-même. La terre y donne des grains au-delà des besoins de la population ; on y cullive des vignes qui rendent, quoique d'une qualité médiocre, beaucoup de vin.
On élève en Vendée beaucoup de bœufs et de moulons; cette branche d'industrie est même la plus considérable du pays, celle qui lui donne le plus d'aisance. Un laboureur peut aisément, avec le produit de ses élèves, payer une grande partie de son fermage; aussi voit-on peu de pauvres dans les campagnes. Le morcellement des propriétés, l'éducation des bestiaux, l'isolement des fermes, ou métairies, obligent le cultivateur a enclore chaque
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pièce de terre de fossés et de haies vives. Sur les collines oïl le roc seprésenlea fleur de terre, presquea nu, on se conlente d'élever autour des champs un mur de pierre, sans aucun cimenf, de la hauteur dequalre a cinq pieds.
Ces fermes isolées, ces fossés, ces haies vives, ces murs mal hâtis, et par conséquent crénelés nalurellement, présentent pour nous, depuis que la guerre est déclarée 5 autant d'ohstacles et de redoutes meurtrières.
La récolte terminée, l'usage, en Vendée, est de laisser reposer les terres pendant
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trofs ou cinq ans, quelquefois même davantage. Les genêts et les ajoncs couvrent bientôt le terrain en jaclière. Ces genêts, qui atteignent souvent a une hauteur de six pieds, servent également aux Vendéens, soit a se réfugier dans leur déroutes, soit a nous tendre des embuscades dans nos marciies.
Le cultivateur tire également parti, au point de vue de son intérêt, de ces forêts do genêts. Lors({u'il veut ensemencer la terre qui les a produits, il les fait arracher, en forme des espèces de meules, laboure son champ, fait élaguer la brindille qu'il étend sur le sol et réserve la tige pour chauffer son four; puis enfin lorsque
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l'époque des semailles approche, il met le feu a celle brindille sèche, dont la cendre contribue à fertiliser la terre qui a reçu le dernier labour. Rien de commun et de grandiose tout a la fois comme ces lacs de feu qui, dans le temps des semailles, couvrent les plaines et viennenl mourir sur les lisières des foréls.
Toutefois, pour éviter les accidenls qui pourraient survenir si la ilammc gagnait les grandes bruyères qui avoisinent les bois, on a la précaution d'attendre que le vent souffle de la forêt ; puis, pour empêcher ensuite que le feu n'endommage les haies et les arbres qui se trouvent a l'extrémité opposée du champ, lorsque l'in-
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cendie venant du côté de la forêt arrive à une certaine distance de la lisière opposée, le Vendéen met le feu dans celle partie, et les deux masses de flammes vont alors se réunir et s'éteindre sur une ligne assez éloignée pour éviter le danger que présente cette délicate et scabreuse opération.
On ne connaît dans l'intérieur de la Vendée aucun établissement considérable formé par l'industrie, si ce n'est toutefois la fabrication des mouchoirs de Chollet, qui s'étend à cinq ou six lieues dans les communes environnantes. La plupart des femmes de la campagne Oient au fuseau.
Voila à peu près, si je ne me trompe, tous les renseignements topographiques et industriels que vous pouvez désirer. A présent, je passe a ce qui doit vous intéresser bien davantage, c'est-a-dire a la description de la Vendée et du Vendéen militaire.
Avant tout, quelques mots sur le caractère général de nos ennemis. Cet aperçu vous aidera a mieux juger et comprendre les événements qui se sont accomplis jusqu'à ce jour et ceux que l'avenir tient en réserve.
Le Vendéen, — c'est la un fait que I'oh
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ne saurait nier, à quelque opinion que l'on appariienne, — est simple, bon, doux, liospilalier, et d'une grande fidélité a sa parole; circonspect et méfiant malgré sa simplicité, car il redoute son ignorance et il recule longtemps devant un engagement moral; mais une fois cet engagement pris, aucun sacrifice, même celui de sa vie , ne lui coûte pour le remplir.
Deux traits saillants distinguent surtout le caractère du Vendéen : le premier est cet amour excessif qu'il porte à son intérêt particulier qu'il ne perd jamais de vue, dans quelque position qu'il se trouve; le second est un sentiment profond d'indé-
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pendance qui ne lui permet ni de reconnaître, ni de supporter d'autre domination que celle de son curé.
Au reste, si l'on veut être juste et impartial, on doit reconnaître qu'en agissant ainsi le Vendéen est conséquent avec ses principes et qu'il ne fait qu'obéir à la justice. En effet, le prêtre, pour lui, n'est pas un despote qui s'impose, bien au contraire, c'est un ami sincère et dévoué, qu'il trouve toujours dans ses jours de découragement ou de malheur, dont le dévoûment ne lui fait jamais défaut. Il l'aime donc et il lui obéit, non-seulement par superstition , mais encore par reconnaissance.
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Le Vendéen, habitué k vivre au milieu de ses solitudes qui représentent pour lui l'univers entier, et sans cesse en présence des beautés delà nature, est naturellement doué d'un corps robuste, endurci a la fatigue, et d'un esprit religieux/. Quant à son courage et a sa témérité, ils dépassent, lorsqu'il sont excités par la résistance à la tyrannie et pour la défense de sa religion, tout ce que l'on peut supposer de plus incroya!)le. Sur un signe de son curé, le Vendéen se présente tranquillement, le front haut et le regard assuré, devant un canon chargé a mitraille.
Dès le commencement de l'insurrec-
tion, chaque commune, chaque canton eut son comifé adminislralif et ses chefs mijiiaires choisis parmi les habiiaots des villes el des bourgs. L'étab''ssemeot d'un conseil supérieur ne tarda pas a raliacher bientôt tous les intérêts a un centre commun. Le tocsin était le signal des rassemblements. Le paysan abandonnait alors sa charrue, prenait du pain pour trois ou quatre jours, se décorait d'emblèmes re- 'igieux, tels qu'un chapelet, une croix, un cœur de Jésus ^ une image de la Vierge, et marchait contre nos troupes avec une froide et invincible détermination qui faisait disparaître pour lui l'idée de la mort.
Les premières armes des Vendéens lu-
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rent d'abord le bâton et la faux : munis d'une absolution générale, et soutenus par le sentiment de l'indépendance , ils ne craignaient ni nos canons ni nos fusils. Bientôt la guerre se régla, et la masse des combattants se divisa en trois catégories.
La première se composa de gardeschasses, de braconniers , de contrebandiers, tous excellents tireurs, et la plupart munis de fusils a deux coups et de pistolets : ils formèrent le corps des éclaireurs. Se portant rapidement, a notre approche, le long des haies et des ravins, ils ne tardaient pas k nous dépasser, et alors ils entamaient leur feu, qui était terrible.
Ne tirant qu'a une portée, et pour ainsi dire qu'a coup sûr, ils ne perdaient presque pas une de leurs balles. Ces corps d'éclaireurs se diriii^eaient eux-mêmes et n'avaient pas d'officiers.
La seconde classe se recruta parmi les paysans les plus déterminés et les plus exercés au maniement des armes. On l'appela la troupe des braves. Il me serait au reste difficile de vous donner une idée de la prodigieuse intrépidité qu'ils montraient au feu, pendant l'action. Leur audace n'avait pas de bornes. Lorsque les tirailleurs dont je viens de parler avaient en lamé les ailes de nos troupes, ces paysans se jetaient sur nous, et nous attaquaient
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sur toute la ligne. Hélas ! combien de fois n'ai-je pas vu nos soldats, épouvantés par l'irrésistible et sauvage impétuosité de ce choc formidable, jeter leurs armes et prendre la fuite avec épouvante !
La troisième classe enfin se composa du reste des paysans, la plupart mal armés.
Celte foule, plus dévouée et plus déterminée qu'adroite et puissante, se tenait d'ordinaire en une masse confuse et indisciplinée autour de ses caissons et de ses canons.
Dans les commencemeQts de la guerre, la taclique des Vei)déeos était toujours la même. Voulaient-ils nous attaquer , ils s'assuraient d'abord de notre position, ensuite les tirailleurs, se glissant le long des ravins et derrière les haies, allaient s'embusquer a peu de distance de l'extrémité de nos ailes. Les plus déterminés se portaient en force sur la droite pour attaquer notre gauche.
Les braves alors, en face de la ligne de bataille, mais aune distance assez considérable, prenaient sans beaucoup d'ordre la position que leur indiquait leur commandant.
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Le canon donnait ordinairement le signal du combal ; Je feu de la mousqueterie suivait de près et s'étendait bientôt sur la ligne entière. II s'élevait alors de toutes paris des cris épouvantables et bien propres a ébranler le moral de nos soldats. Les tirailleurs vendéens se tenant a peu de distance les uns des autres, soit dans des fossés, soit dans des ravins, couraient de haie en haie sans discontinuer leur feu. Pendant ce temps, ceux qui étaient postés sur les derrières de nos ailes approchaient peu a peu avec lenteur, mais sans jamais reculer d'une ligne, et en dirigeant contre nous une fusillade d'une incroyable activité.
Je ne dois pas vous cacher que dans
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celle terrible guerre de Vendée, surtout lors de son commencement, nous avons eu, la plupart du lemps, le désavantage.
— Et à présent, dis-je en interrompant mon nouvel et complaisant ami, où en est la guerre ?
— A vous dire la vérilé, me répondit-il, nous ne sommes guère plus avancés aujourd'hui que le premier jour.
— Voilà un aveu qui n'a rien de rassurant pour moi! Et, dites-moi, les Vendéens dont vous me semblez si bien cou-
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naître la lactique , n'ont-ils donc pas changé leur façon de combattre. En ce cas, pourquoi ne pas proûter de l'expérience que nous avons si chèrement acquise ?
— Oh ! tout cela a bien changé, mon cher adjudant. Les Vendéens ont trouvé parmi eux des hommes de génie pour les conduire, et, a l'heure qu'il est, leurs généraux sont plutôt supérieursqu'inférieurs aux nôtres.
— Connaît-on leurs chefs?
— Tous, non ; mais le?|principaux,oui.
i'ii*) LES ÉTAPES d'un VOLONTAIRE
Si VOUS désirez que je vous donne sommairement les renseignemeols que je possède sur eux, vous p avez qu'a parler.
— Vous m'obligerez infiniment.
— Soit. Je serai bref eî; sincère.