‹ Les étapes d'une classe au Petit séminaire de Québec, 1859-1868 [microforme]Chapitre 2 sur 36 · DEDIÉ AUX FINISSANTS DE · texte numérisé non relu

DEDIÉ AUX FINISSANTS DE

« Forsan et haec olim meménisse juvabit, »

L KR 10 juillet 1868, vingt-trois élèves de philosophie sensor, que vous avez bien connus, quittaient définitivement le Petit Séminaire de Québec. Il leur fallait enfin dire adieu à cette seconde maison paternelle. Ils avaient à peine atteint leur vingtième année, et déjà ils changeaient de domicile pour la seconde fois, Il est donc bien vrai que la vie n’est souvent qu'une série de déménagements.

La distribution des prix terminée, ces finissants montèrent sur le théâtre, saluèrent l'auditoire, et le jeune Belleau prononça le discours d'adieu. Après avoir sommairement rappelé les principaux incidents de nos années

de collège, les peines et les joies dont elles

ae 4 — avaient été entremélées, i] Paya un juste tribut de reconnaissance aux directeurs de cette maison d'éducation,

dernière Poignée de Mains, et se Séparèrent en disant : On pas adieu, mais à revoir.

Le qualificatif « demi-frères, ” que je viens d'employer, n'est pas suffisamment expressif, car un condisciple est Véritableme frère,

La vie de collège, en effet, est une seconde

vie de famille, Les Sÿmpathies que l’on y ren- Contre, les liaisons que lo

nt un

Fraternité qu Sœur, fraternité du sang,

toutes deux enchaînent par des liens indissolubles.

Au collège, chaque classe est un groupe distinct. Elle est une famille dans la communauté. Elle a donc son tempérament, ses mœurs, son histoire.

Neuf ans de cette vie sur les mêmes bancs, autour d'une même table, dans la même atmosphère, en face des mêmes horizons, créent une solidarité de sentiments dont l'influence se fait d'autant plus seutir que l'on avance davantage dans la vie.

Ces années de collège, je vais les ressusciter, non pas pour le grand public, mais pour les confrères encore nombreux, grâce à Dieu, quisont pleins de vie. Ce prélude de la vie réelle, je vais le relater brièvement et le rendre présent, dans la limite du possible. 1

1. Sollicité par un confrère de classe, M. Belleau, j'ai commencé comme un

quelques confrères, — sont les sources auxquelles j'ai emprunté les

‘La brillante Pléiade de prêtres éducateurs que Somptait, à cette époque, Je Séminaire de Québec, j'aurai le bonheur inespéré d'en Tappeler le Souvenir, Ces hommes de Dieu, Qui—nous ne l'avons jamais Oublié—ont dé.

pensé à notre service leur temps et leur santé, qui nous ont Sngendrés, pour ainsi dire, à la vie morale et intellectuelle, il est bien juste que leurs noms soient cités à l'ordre du jour

Chaque fois que l’occasion s’en Présente. .

D. Gossezin, Ptre,

19 mars 1908.

Charlesbourg,

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