‹ Les étapes d'une classe au Petit séminaire de Québec, 1859-1868 [microforme]Chapitre 5 sur 36 · Pendant l’année scolaire 1860-1861 les prêtres agré · texte numérisé non relu

Pendant l’année scolaire 1860-1861 les prêtres agré

Laliberté, Row T. A. Chandonnet et Félix Dumontier

, et M. Dumontier, procureur du Collège de Lévis, alors succursale du Séminaire

‘aconnu puisyu’i avait porté le capot d’écolier en même temps que ses futurs élèves. Nous savions qu’il était l'Hercule de sa classe, un fameux joueur à la pelote, un infatigable marcheur à la raquette, un gai camarade comme tous lés membres de la légion de Lotbinière. Mais brillerait-il dans le professorat comme au sport? Saurait-il entrainer ses élèves avec le même brio et le même succès que M. Laliberté? Il fut ce que lui permirent des circonstances indépendantes de sa volonté, et une formation nécessairement incomplète, Il était forcé de débuter sans avoir fait de noviciat, de diriger—en même temps qu’il était maître de salle—une classe qu’il n'avait pas eu l'avantage de faire au Séminaire, sous un professeur expérimenté. Entré en quatrième ou en troisième, il n'avait guère eu le temps d'explorer tous les coins et recoins de la grammaire latine, et, pour tout dire, il était né missionnaire plutôt que professeur. Il est donc juste de reconnaître qu’on l’improvisait professeur dans des conditions périlleuses pour quelqu’un que la Providence n’a pas doué d’aptitudes spéciales pour l’enseignement, qui est un art difficile, comme le prouve l'expérience. On peut bien perfectionner ce don, si le germe

en a été déposé en nous, mais non

l'acquérir, C'est Pourquoi les meilleurs profes- Seurs n« se recrutent pas invariablement parmi les plus brillants talents. Malgré ces désavantages, notre Professeur ne s’en tira pas trop mal, Il poussa suffisamment ceux qui n'étaient Pas rétifs, pour les mettre en état de se débrouiller as-

sez bien lorsqu'ils Passèrent tefois,

comme maître de salle,

Né à Lotbinière en 1838, M. Auger fréquenta d’abord l'académie Bédard, de sa Paroisse natale, et n’en sortit, pour entrer au

[ Saint-François, Beauce ; puis, un an après, il était chargé des missions du Labrador. Il exerça ensuite le minis

canadienne d'Oswego, sur le lac Champlain, où il est décédé en 1904. Quelques mois avant sa mort, j'avais eu le plaisir de Je rencontrer

au sanctuaire de Ste-Anne-de-Beaupré, et de causer avec lui quelques minutes, Il n'avait guère vieilli; encore droit comme un chêne, il me sembla si riche de santé que je - manquai point de l’en complimenter. Cependant, quelques mois après, les journaux annonçaient qu'il était mort subitement.

On dit et l’on entend Souvent dire que «les jours se suivent et ne se ressemblent pas.» Ce proverbe, comme plusieurs de ses congénères, ne doit pas être pris au pied de la lettre. Dans certains milieux, il est vrai, sur les 365 jours d’une année, il en est Peu qui se ressemblent, Mais les 300 jours d’une année de pensionnat ne sont pas aussi dissemblables Jes uns des autres. Au contraire, ils sont Presque tous coulés dans le même moule. Ceux qui ont vécu la vie de collège en ont expérimenté l'uniformité, interrompue seulement par quelques fêtes intimes ou extraordinaires, Or, « l'ennui naquit, un jour, de l'uniformité. » C’est la résultante inévitable de tout genre de vie qui est Presque immuable. Hier, aujourd’hui et demain, surtout dans une maison d'éducation, doivent nécessairement se ressembler. Le coupable, si coupable il Y a, est le réglement qui, cependant, ne fait que régulariser la série

des exercices journaliers. Cette série, qui comprend classes, études, Prières, récréations, lever et coucher, s'impose avec ce caractère d’unifor-

mité. Autrement, ce Scrait l’anarchie, ou en tout

Cas, un temps presque complètement per-

du. D'ailleurs, l'uniformité n’est Pas une cause d'ennui pour tous les tempéraments. Ainsi, tel qui vit dans un milieu uniforme, comme le poisson dans l'eau, s’ennuierait à mourir si l’ordonnance de la journée variait constamment.

L'année 1860-1861 a été la moins accidentée et

la plus maigre de notre cours. Les fêtes intimes et traditionnelles eurent lieu comme à l’ordinai re, mais celles qui sont d’un rite supérieur, furent très rares.

De septembre à décembre, le seul fait à noter est la retraite annuelle qui commença le 10 octobre, et fut prêchée par le R. P. Point, S.-J. Les impressions de ces exercices spirituels sont complètement effacées ; mais je me rappelle très bien les traits de ce prédicateur que j'ai souvent entrevu pendant son séjour à la résidence de Québec, dont il est devenu le supérieur en 1867. Il avait un frère, Jésuite également, qui est venu passer avec lui les dernières années de sa vie, lorsque les infirmités l'ont forcé de quitter

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les missions du Nord-Ouest canadien, et qui est décédé à Québec en 1868. Son corps repose dans la basilique de Québec.

On se rappelle la grandiose démonstration -du 4 mars 1860, pour protester contre l'invasion des Romagnes. Le Piémont, complice de la franc-ma- <onnerie italienne, avait continué son œuvre, et annexé au cours de l’année 1860, les Marches et lOmbrie, qui, comme les Romagnes, faisaient partie des Etats de l'Eglise, La petite armée pontificale avait vaillamment lutté, mais elle fut écrasée par le nombre. C’est pour rendre hommage aux braves, tombés au service de la Papauté, que les catholiques de Québec se pressaient dans la cathédrale, le soir du 18 décembre. L'affluence était telle que les écoliers, n'ayant pu trouver place que dans le sanctuaire, étaient rangés tout autour du maïtre-autel, Cette cérémerie fut plus impressionnante encore que l'assemblée protestaire du 4 mars. M. Antoine Racine, alors desservant de Saint-Jean-Baptiste de Québec, promonça un remarquable discours. Le catafalque avait été dressé dans le bas-chœur, et lorsque M. Antoine Racine fut descendu de chaire, l’absoute, présidée par Monseigneur Baïllargeon, fut chantée par un puissant chœur de voix.

L'hiver de 1861 fut prédécesseurs,

nées passées, mais peut-être un peu moins solennellement. Les discours furent prononcés par J.-P. Doherty, par Frs. Lan-

musicale, et Eélève de sixième,

Fontaine. Le cha et, en particulier, de Laval, composé

la première fois l'auditoire, qui l’eut volontiers acclamé. 1] venait amais revu, et ses t actuellement en France, dans Je

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1. La musique est de Rossini, L'harmonisateur est l'abbé Maurel, ancien Professeur de musique vocale et instrumentale au Séminaire de Québec.

cimetière de la ville du Hâvre.

Si les fêtes de première classe continuèrent d’être rares pendant les deux derniers mois, nous étions du moins en plein printemps, dans la saison des grands congés, passés à Maizerets, lorsque la température le permettait.

Le banquet annuel de Ja St-Jean-Baptiste, si je ne fais pas erreur, “eut pas lieu en 1867. Ma mémoire n’en a Pas conservé le souvenir, et le « Journal » du Séminaire n’y fait aucune allusion. Il fut probablement supprimé, parce qu’il coïncidait Presque avec le banquet du 26 juin, donné dans la grande salle de l’Université, à l’occasion de la réception des écoliers du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Ces confrères nous rendaient notre visite de l’année précédente. Arrivés au Séminaire seulement à 10.15 h. du matin, nous les conduisimes immédiatement à la chapelle de la Congrégation où fut dite la messe de communauté, et à midi commençait le diner. Les excursionnistes visitèrent ensuite les principaux sites historiques de Québec, et repartirent le soir, enchantés de leur promenade et de l’accueil qu’ils avaient reçu.

Quelques jours après les classes commencèrent à défiler, à tour de rôle, devant le tribunal des

<xaminateurs, et, le 9 juillet, avait lieu la distribution solennelle des prix. Le discours d’adieu ordinairement—sinon toujours—prononcé par un pensionnaire, le fut cette fois par un externe, J.- P. Doherty. Il était généralement en ces circonstances, le délégué de ses confrères de classe. La sortie eut lieu le lendemain, 10 juillet,

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