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LES COMMENTATEURS DE LA « GEOMETRIE

80. — Descartes mourut deux ans après ce singulier aveu, et sans avoir rien entrepris; mais déjà les disciples avaient suppléé au silence du maître. Quelques-uns des premiers lecteurs et des premiers admirateurs de la Géométrie avaient su en donner l'interprétation abstraite et universelle qu'elle comportait; et ils assuraient à cette interprétation la possession des esprits par la traduction latine du livre, par la publication des commentaires et des traités annexes dans ces éditions successives où les générations nouvelles devaient naturellement chercher le secret de la science cartésienne.

Dès le début de 1639, Florimond de Beaune rédige des Notes liur la Géométrie de Descartes^. Il part de la notion de l'algèbre spécieuse, et il fait voir à quel point s'étend la science nouvelle, qui comprend non seulement l'algèbre numérique et l'analyse géométrique des anciens, mais encore tout ce qui a quelque relation ou quelque proportion, suivant la conception qu'il emprunte au Discours de la méthode. « J'ai admiré, lui écrit Descartes *, que vous ayez pu reconnaître des choses que je n'y ai mises qu'obscurément comme en ce qui regarde la généralité de la méthode... »

En 1649, les Notes seront imprimées à la suite de la traduction latine de la Géométrie, accompagnées d'un commentaire plus complet de François de Scliooten, et de deux lettres importantes de Jean Hudde, bourgmestre d'Amsterdam et correspondant de Spinoza : l'une sur la réduction des équations, l'autre sur la méthode de maximis et minimis.

En 1639, ce premier recueil s'augmente d'un nouveau volume.

1. Cf. Lettre à M. de Beaune, 20 février 1639; AT, II, 511 et suiv.

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