‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 162 sur 505 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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0. «... Hinc nascitur axionia receptum, nihil esse sine ralione sea nulluni effectuni esse absque causa. Alioqui veritas daretur qupe non posset probari a priori seu quœ non resolveretur in identicas quod est contra naturam veritatis, quœ semper vel expresse vel implicite identica est. » Texte publié par Couturat, dans la Revue de métaphysique, 19Û2, p. 3, et dans Opuscules et fragments inédits de Leibniz.. Extraits des manuscrits de la Bibliothèque Royale de Hanovre, 1903, p. 519.

de son ouvrage sur la philosophie de Leibniz^, se rallie à celte interprétation — . Il est trop clair qu'une telle l'ormule contient dans son expression même la difficulté qu'elle prétend résoudre. Que signifie l'identité virtuelle^ Si Ion entendait par là que la proposition est démontrable à l'aide d'un nombre fini d'opérations logiques^, alors il faudrait dire que toutes les vérités sont justiciables de la logique au sens aristotélicien du terme, qu'elles sont analytiques au sens kantien; le virtuel rentrerait dans le formel; les deux mots ou virtuellement pourraient être supprimés sans inconvénient. Mais en fait cette suppression trahirait la pensée de Leibniz : entre la formalité et la virtualité il y a la dislance du fini à l'infini. « L'analyse des nécessaires, qui est celle des essences, allant a natura posterioribus ad natura priora^ se termine dans les notions primitives, et c'est ainsi que les nombres se résolvent en unités. Mais dans les contingents ou existences, cette analyse a natura posterioribus ad natura priora va à l'infini, sans qu'on puisse jamais la réduire à des éléments primitifs^. » Il faut donc, si l'on ne veut pas brouiller les termes et, comme dit Pascal quelque part, mépriser ses propres idées, reconnaître que l'analyse leibnizienne prend le conlre-pied de la logique de l'École, pour qui la « régression à l'infini » est un type de démonstration sophistique : ce que Leibniz appelle l'analyse constitue évidemment, dans la terminologie de Kanl, un processus de nature synthétique.

Sans doute le principe de raison est le principe de la démonsirabilité universelle; mais cette démonstrabilité comporte une acception toute différente, suivant qu'il sagit des vérités universelles et éternelles dont la preuve peut être faite à l'aide d'un nombre fini de propositions, ou des vérités singulières, qui enveloppent l'infini. Dans le premier cas, la proposition à démontrer peut être ramenée par la méthode de la « substitution des équivalents » à une proposition justiciable du principe de contradiction ; nul doute que dans ce domaine la science ne revête aux yeux de Leibniz cette forme analytique que Hobbes lui reconnaissait déjà; le principe de raison se confond avec le

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