A^. E. IV, chap. XVII
2. Leibniz renvoie à la paj^e 38o de l'édition originale, où Spinoza cite comme exemple d'erreurs dues à l'imagination : que l'étendue doit être dans un lieu; qu'elle doit être finie, avec une distinction réelle des parties : quod extensio debeat esse in loco, debeatesse finita, cujus partes ab invicem distinguantur realiter, § 46, I, 29; tr. Appuhn, p. 266.
3. Anidmadversiones ad Joh. Georg. Wachteri librum de recondita Hebrœorum philosophia, publiées par Foucher de Gareil sous le titre de Réfutation inédite de Spinoza par Leibniz, 1854, p. 34.
Dieu, et limitée, est celle d'un ange ou tFune âme humaine ^ ». La notion de Tinfini ou notion générale de l'être - est primitive; « la limitation par laquelle le fini diflere de l'infini est un non être ou une négation d'être^ ». Dès lors en partant du fini, en juxtaposant les parties de Fétendue, on n'obtiendra qu'une image indéterminée'' d'ordre tout « négatif », pour laquelle Descartes réserve le nom à' indéfini '.
En réaction contre les Cartésiens, Leibniz revient aux principes de Descartes. D'une part « le vrai infini, à la rigueur, n'est que dans l'absolu, qui est antérieur à toute composition et n'est point formé par l'addition des parties '' ». D'autre part « on se trompe en voulant imaginer un espace absolu, qui soit un tout infini, composé de parties. Il n'y a rien de tel' ». Mais entre la pure idée métaphysique qui est d'ordre transcendant et la représentation statique qui implique contradiction, ne peuton insérer le processus dynamique de l'intelligence, et lui conférer une valeur positive?
« Prenons une ligne droite, et prolongeons-la, en sorte qu'elle soit double de la première. Or, il est clair que la seconde, étant parfaitement semblable à la première, peut être doublée de même pour avoir la troisième qui est encore semblable aux précédentes; et la même raison ayant toujours lieu, il n'est jamais possible qu'on soit arrêté; ainsi la ligne peut être prolongée à l'infini; de sorte que la considération de l'infini vient de celle de la similitude ou de la même raison, et son origine est la même avec celle des vérités universelles et nécessaires^ ». Sans doute l'image spatiale demeure toujours inadéquate à l'idée pure de l'infini; mais aussi bien ce n'est pas sur l'image spatiale que s'appuie la réalité de l'infini, c'est sur le processus de l'intelligence, dont les Cartésiens ne s'étaient servis que pour prouver l'existence d'une infinité transcendante à la puissance proprement humaine, et que l'originalité de Leibniz est de considérer