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Monadologie

2. Cf. J. Lachelier, Bulletin de la Société française de philosophie, 1902,

3. Discours de métaphysique, XIV. G, IV, 439. Édit. Lestienne, p. 46. Dans une lettre à l'électrice Sophie, qui reproduit à plus de trente ans de distance la comparaison de la lettre à Thomasius, citée § 132, Leibniz écrit : <• [Dieu] est le centre universel, et il voit le monde comme je verrais la ville d'une tour [et non d'une cour, comme écrit Gerhardt] qui y est, c'est-à-dire bien; nous ne sommes que des centres particuliers, et ne voyons le monde présentement que par deux trous de notre tète, ou comme je verrais une ville de côté. » G, Vil, 556. Ailleurs Leibniz attribue à Dieu ces visions particulières : « Mundus unus et tamen mentes diversœ. Mens igitur lit non per ideam corporis, sed quia variis modis Deus mundura intuetur, ut ego urbem ». (Ad Ethicam, II,

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Dès lors, loul le spirilnalismo de Leibniz, lié à rid('.'ililé de l'espace, va se trouver vidé de sa signilicalion originale et univoque; une sorte de falalilé condamne l'auteur de la Monadologie ii placer, en face de chacune de ses thèses sur rimmatérialilé et sur l'aulonomie de la monade, Taffirmation directement contraire. « Chaque Ame est un miroir vivant représentant l'univers suivant son point de vue, et surtout par rapport à son corps' »). Et le corps lui-même se résout dans le système des relations qui rendent notre situation particulière solidaire de renscmble de l'univers : « Eliam qua' loco dilï'erunt, oportet locum suum, id est ambientia exprimere, atque adeo non tantum loco seu sola extrinseca denominatione distingui,ut vulgo talia concipiunt -. »

La réduction que Leibniz croyait avoir opérée, des dénominations extrinsèques dans l'espace et le temps aux déterminations intrinsèques de la substance est donc illusoire. Approfondir une substance particulière, c'est y retrouver la totalité des conditions universelles qui pèsent sur elle comme une contrainte extérieure, et y introduisent la limitation de la matière métaphysique : « Je ne pense pas, ëcrit-il, à de Volder, qu'il y ait aucune substance qui n'enveloppe une relation à toutes les perfections de chacune des autres ^ » La « parfaite spontanéité » de l'âme « à l'égard d'elle-même », ne doit s'entendre que sous réserve d'une « parfaite conformité aux choses de dehors * ». « Cette loi de l'ordre, qui fait l'individualité de chaque substance particulière, a un rapport exact à ce qui arrive dans toute autre substance, et dans l'univers tout entier -. »

G, I, loi). Enfui à cetto multiplicité d'intuitions qui engendre la diversité des êtres, il semble que Leibniz fasse correspondre une multitude de conceptions successives en Dieu, (jui enp;endrerait la diversité des moments (passage d'autant plus remarquable qu'il se rattache dans la pensée de Leibniz à la démonstration de l'idéalité du temps). « L'on peut conclure aussi que la durée des choses, ou la multitude des états momentanés, est l'amas d'une infinité d'éclats de la Divinité, dont chacun, à chaque instant, est une création ou reproduction de toutes choses, n'y ayant point de passage continuel, à proprement parler, d'un état à l'autre prochain ». Lettre à Vélectrice Sophie, du 31 octobre 1703, G, Vil, oG2.

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