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Système nouveau. G, IV

entre les différentes courbes grâce à la connexion de leurs déterminations analytiques. Les monades sont des « fulgurations ^ » de Dieu, qui se correspondent nécessairement entre elles puisqu'elles représentent toutes une même réalité comme diverses projections représentent un même géométral. Sans doute Leibniz s'efforce de diminuer la distance entre ces courbes, de telle façon qu'elles semblent se toucher; il supposera la différence entre deux monades plus petite que toute quantité donnée, et Tassemblage de la multitude aura l'apparence extérieure de la continuité interne. Mais la difficulté initiale demeure : la pluralité des termes doit être posée antérieurement au processus analytique qui permet de les relier; elle implique un rapport de simultanéité qui, sous une forme aussi épurée, aussi sublimée que l'on voudra, retiendra pourtant le caractère essentiel de la spatialité, et qui par suite, Leibniz y a fortement insisté, demeure irréductible à la pure intellectualité-.

139. — Si l'espace est l'ordre des coexistences, la création ne s'imagine que dans l'espace; elle conduit à concevoir un Dieu qui imagine dans l'espace : « Or, il est premièrement très manifeste que les substances créées dépendent de Dieu qui les conserve et même qui les produit continuellement par une manière d'émanation, comme nous produisons nos pensées. Car, Dieu tournant pour ainsi dire de tous côtés et de toutes les façons le système général des phénomènes qu'il trouve bon de produire pour manifester sa gloire, et regardant toutes les faces du monde de toutes les manières possibles, puisqu'il n'y a pas de rapport qui échappe à son omniscience; le résultat de chaque vue de l'univers, comme regardé d'un certain endroit, est une substance qui exprime l'univers conformément à cette vue, si Dieu trouve bon de rendre sa pensée effective et de produire cette substance^. »

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