‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 226 sur 505 · A 142, AKB, IV. 102, Ba. I, 20-3 et TP., p · texte numérisé non relu

A 142, AKB, IV. 102, Ba. I, 20-3 et TP., p

2. Cf. Lettre à Schultz, du 15 novembre 1788. AKB, t. X, 1900, p. 530 : « Le temps... n'a pas d'influence sur les propriétés des nombres (comme pures déterminations des grandeurs), ni en général sur Ja propriété d'un changement quelconque (en tant que quantum), quoique cette variation ne soit possible que par rapport à une essence spécifique du sens interne et de sa forme (c'est-à-dire du temps). »

3. Basch, Du rôle de V imagination dans la théorie kantienne de la connaissance, Rev. de Métaph. 1904, p. 438.

et la forme des jugements mathématiques. Il est clair, trop clair même, que si on conserve les cadres du rationalisme wolffien, si le leibnizianisme est interprété comme un /)an/o^/sme au sens le plus étroit du mot, il n'y aura de jugement proprement analytique que par Tinhérence immédiate du prédicat dans le sujet; les propositions les plus élémentaires de la mathématique ne seront pas ramenées au type analytique : la somme arithmétique 12 n'est pas un prédicat dont les parties 7 et 5 seraient le sujet. Mais que les jugements d'équivalence ne rentrent pas d'eux-mêmes dans les cadres de l'inclusion logique, c'est là un fait d'une portée toute négative et dont l'usage essentiel est de définir le problème.

La solution a une tout autre signification. Pour la préciser, on peut se reporter aux questions posées par d'Alembert, dans le Discours préliminaire sur V Encyclopédie, (et dont Condillac. donnera le développement dans sa Logique, 1776) : « Qu'est-ce que la plupart de ces axiomes dont la Géométrie est si orgueilleuse, si ce n'est l'expression d'une même idée simple par deux signes ou mots différents? Celui qui dit que deux et deux font quatre a-t-il une connaissance de plus que celui qui se contenterait de dire que deux et deux font deux et deux'!^ » Il est visible que Kant pourrait donner gain de cause à d'Alembert sans ébranler dans ses racines la thèse fondamentale de la Critique. Si de 2 + 5 ou de 7 + 5 on passe analytiquement à 4 ou à 12, il faudra modifier sans doute certains détails de l'exposition kantienne, où se mêlent dans un désordre inextricable le langage de la logique formelle et le langage de la science positive; mais, au fond, cela laisse intact le problème critique. La place de la synthèse a priori n'est pas dans la liaison des termes du jugement, ou dans la démonstration de telle ou telle « formule numérique » particulière; elle est dans le processus général dont dérive tout nombre particulier, dans la création des notions elles-mêmes. A cet égard les premières pages de la Discipline de la Raison pure dans l'usage dogmatique sont explicites et décisives : si « les mathématiques fournissent le plus éclatant exemple d'une raison pure qui réussit à s'étendre d'ellemême sans les secours de l'expérience », c'est que « la connaissance mathématique est la connaissance rationnelle par construction des concepts - ». Que 4 soit construit quand le groupe (2 + 2) est donné, cela pourrait sans doute se démontrer; mais ce qui

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