VIRGINIE
. . 56.442,287 francs.
Les renseignements suivants que nous empruntons a M. Helper et à M. Olmsted nous donnent la valeur comparative du sol dans les États libres et les États à esclaves :
En 1850, 6,915,744 hectares de terrain étaient, dans la Caroline du Sud, soumis à l'impôt foncier, leur valeur déclarée étant de 114,181,870 fr., soit 16 fr. 25 c. par hectare.
Dans le New-Jersey 2,129,920 hectares étaient imposés; leur valeur était de 765,808,095 fr., soit 559 fr. 50 c. par hectare.
En 1856, 12,032,000 hectares étaient évaluées dans l'État de New-York à 5,560,665,680 fr. , soit 462 fr. 30 c. par hectare.
Dans la Caroline du Nord, 12,980,224 acres étaient
évalués 404,005,180 fr., soit 58 fr. 25 c. par hectare.
Dans la Virginie le prix moyen de l'hectare était de 100 fr., et de 512 fr. 50 c. dans la Pennsylvanie.
Ces données statistiques corroborent l'opinion que l'affranchissement des esclaves donnerait une forte plusvalue aux terrains du Sud; d'ailleurs cette opinion n'est pas nouvelle, et des planteurs intelligents l'entretiennent depuis longtemps. Non-seulement le prix marchand du sol serait augmenté, mais la production agricole serait accrue au moins dans la même proportion, et rembourserait amplement le prix de la totalité des esclaves.
Le Sud s'enorgueillit de l'énorme capital que représente sa récolte de coton. Cependant il est inférieur à la valeur de plusieurs produits du Nord. On évaluait ainsi, en 1850, les principales récoltes :
Dans le Sut), celle du coton, à 493,018,600 IV.
Dans le Nord, — maïs, à 1,480,177,750
— — froment, à.. . . 502,429,700
— — foin, à 484,481,550
En 1860, bien que le coton eût augmenté de prix, il était seulement le cinquième en importance parmi les produits agricoles des Etats-Unis, et ne dépassait que de dix-huit millions de francs et demi, la valeur de l'avoine récoltée ^
Ce qui donnait au coton une importance spéciale comme produit, était le fait qu'il servait de régulateur des échanges internationaux entre l'Europe et les Étals*
' Bigelow, les États-Unis en 1865.
Unis. Mais celle importance étaitsurfaite. Ainsi en 1862, année pendant laquelle, par suile de la guerre, il n'est sorli de New-York qu'une quantité insignifiante de coton les expéditions de ce seul port ont surpassé de vingt-cinq millions de francs les exportations totales faites par le Sud en 1859, époque à laquelle la récolte du coton à elle seule était évaluée un milliard de francs. Preuve de l'élasticité extraordinaire des États libres sous l'énorme poids de la guerre civile ^
En 1860 tous les produits agricoles étaient évalués :
Dans les États libres, à 5,o27,!281,261 fr.
— confédérés, à 2,582,750,700
Différence 2,745,551,561 fr.
Si nous comparons mainlenant l'industrie des Étals fédéraux cl celle des États confédérés, l'avantage sera bien plus considérable en faveur des premiers. Les tableaux suivants donnent une idée de la situalion comparée des deux pays en 1860 :