L'ESCLAVAGE DOGME SOCIAL ET RELIGII'UX
une institution humaine et morale, la source des plus grands bienfaits politiques et sociaux. »
11 était naturel que cette question s'étendît du domaine de la politique et de l'économie sociale dans celui des discussions religieuses. [>cs unes après les autres, les diverses sectes des Étals-Unis sont venues se heurter contre cette pierre d'achoppement, et se fractionner en deux camps, celui du Nord et celui du Sud. Il est important de mentionner que dans les manifestes lancés de temps à autre par les sectes sudistes, pour expliquer leur schisme, elles ont uniformément rendu témoignage à la répulsion que l'esclavage inspirait dans le Nord. On peut opposer cette déclaration significative à ceux qui affirment que le Nord n'est point hostile à l'esclavage et que cette institution serait plus tôt abolie par l'indépendance du Sud, que par la suprématie du Nord. Dans la lettre adressée par les synodes presbytériens du Sud « à toutes les Eglises de la terre» nous lisons celle phrase: «L'antagonisme entre le Sud et le Nord au sujet de l'esclavage est à la racine de toutes les difficultés qui ont amené la rupture de l'Union fédérale et les horreurs d'une guerre contre nature. 11 esl: certain que le Nord nourrit une profonde antipathie contre l'esclavage, tandis que le Sud est animé d'un zèle égal en faveur de cette institution '.»
Le révérend M. Palmer, minisire presbytérien de la Nouvelle-Orléans, exprimait des convictions analogues dans un sermon prêché le 59 novembre I860. «Dans
' Voir l'Amérique devant l'Europe, par M. tleGaspiinn.
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colic grande luUo, s'ccriail-il, nous défendons la cause , ;* de Bieu et cle la religion. II esl impossible de nier que ^ I'espril d'abolitionnisme ne soit un esprit d'alhéisme. ""^ Noire mission est de préserver, de Iransmeltre à la ^ postérité notre système d'esclavage, cl d'obtenir pour lui X le (ii'oit de se propager et de prendre racine partout où la nature et la Providence lui peimcltronl de se développer. Nul ne peut nier que la population du Nord ne soit presque sans exception opposée à l'esclavage, si môme elle n'est pas déjà foncièrement abolitionniste. Cbez elle, toute la nouvelle génération a été élevée dans la haine de l'esclavage, qu'elle considère comme un péché national. Là, dans le Nord, ils attendent, ils espèrent, ils prient que l'esclavage soit bientôt aboli; ils ne sont contents qu'à la condition de voir quelque signe de décadence dans nos institutions. Nous, au contraire, nous que Dieu a choisis pour être les défenseurs de l'esclavage, rien que son développement ne peut nous satisfaire. En ce moment la position du Sud est vraiment sublime... Si Dieu lui fait la grâce de comprendre sa mission, notre contrée se sauvera elle-même en sauvant l'Amérique et le monde entier^ >:>
Le 22 novembre 1862, les évêques de l'Eglise protestante du Sud, adressèrent à leurs corréligionnaires une lettre dans laquelle ils manifestaient un louable désir de réforme au sujet des abus qui se sont développés avec l'esclavage, et dont le clergé se reconnaît en grande parlie responsable. Les évêques déclarent l'Eglise du Sud
' Voir le London Daily .Yncs, <S août 1865.