X L'ESCLAVAGE DOGME SOCIAL ET RELIGIEUX
unanime en faveur de l'esclavaofe. Ils admettent l'ij^no-
rance grossière qui règne dans le pays; ils exhortent le clergé à « dépouiller son orgueil, sa hauteur et son . indolence, » et à se dévouer avec zèle aux esclaves pour '' leur donner « cette instruction religieuse et morale qui doit les élever dans l'échelle des êtres. » Les évêques parlent ensuite du devoir qu'a l'Eglise d'insister auprès des maîtres, afin que, respectant les obligations imposées par le christianisme, ils modifient l'institution de l'esclavage et ne se croient plus obligés de violer les relations sacrées que Dieu a créées lui-même et que l'homme ne peut enfreindre en restant chrétien. «Le système de travail qui prévaut en Europe est, disent-ils, plus sévère que le nôtre sous plusieurs rapports; mais il est constitué de manière à ne pas nécessiter la séparalion des parents et des enfants, des maris et des femmes. Il ne faudrait de notre part qu'un peu de soin pour dégager le système sur lequel nous voulons enraciner notre vie nationale, de lout ce qu'il peut encore avoir d'anlichrétien... Jusqu'à présent nous en avons été empêchés par la pression de l'abolitionnisme; mais puisque nous venons de nous débarrasser de cette peste odieuse et impie, nous devons prouver au monde que nous sommes dignes de notre mission... etc. » Peut-on V ' demander un aveu plus complet de l'existence de ces ^""ci^ïeux énormes crimes qu'entraîne l'esclavage: l'absence de toute instruction religieuse et morale, et l'indifférence la plus absolue au sujet des relations sociales entre
nègres :
Plus récemment encore, un manifeste signé par une
oi LES KTATS CONFÉDJ'T.I- S KT L'ESCLA VAGK.
ccnlaine de ministres presbytériens, épiscopaux, baptisles, méthodistes, etc., a élé adressé aux chrétiens du monde entier. Ce factum dénonce la proclamation émancipalrice du président Lincoln comme étant digne d'une réprobation universelle. « Environnés de tous les faits relatifs à l'esclavage, et en connaissant parfaitement, et par expérience, tous les résultats, nous témoignons solennellement devant Dieu que la relation entre maître et esclave, ainsi qu'elle existe dans notre pays, n'est point incompatible avec le christianisme sacré, nonobstant les nombreux abus que nous sommes les premiers à déplorer, et qui existent pareillement dans toutes les autres relations humaines. La présence d'Africains dans notre pays nous donne des raisons de bénir le Seigneur. La condition des esclaves n'est pas misérable, comme des romanciers du Nord voudraient nous le faire croire ; elle est heureuse et prospère, et le serait encore davantage si V le faux zèle des abolitionnistes ne venait nous arrêter... \> L'abolitionnisme est selon nous un obstacle aux plans de <^ Dieu. Il n'a point sur lui le sceau de la grâce du Seigneur. C'est un fanatisme qui ne porte aucun fruit de bénédicliou '. »
11 est étrange que des chrétiens, après avoir constaté combien l'instruction religieuse des esclaves a toujours été négligée, prétendent que l'un des avantages de cette institution est de christianiser les noirs. Tel est cependant un des arguments mis en avant, non-seulement en faveur de l*esclavoge, mais encore en faveur du rétablis-
' Daily JSews, S août 1801,