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Les etats de Blois

Voici la suite des Barricades. Le public ayant accueilli avec quelque indulgence cette nouvelle manière d’écrire l’histoire, nous avons cru qu’il nous serait permis de réclamer une seconde fois sa faveur pour un essai du même genre.

Ces nouvelles scènes sont encore purement historiques ; néanmoins nous espérons qu’on y trouvera un peu plus d’unité d’action et d’intérêt dramatique que dans les précédentes. Le sujet le permettait ainsi;

AVANT-PROPOS

les faits se trouvent disposés si heureusement par l’histoire , qu’en se bornant à en tracer le portrait fidèle , on ne saurait manquer de leur donner un certain arrangement théâtral.

Peut-être même, pour que ces scènes pussent être représentées, suffirait-il de les réduire aux proportions admises au théâtre, c’est-à-dire d’en retrancher tous les développemens accessoires et épisodiques qui n’ont pour but que d’initier le lecteur au secret historique de l’action. L’auteur, quoique à regret , ne peut même songer à faire cette tentative; car, on le sait, l’histoire est aujourd’hui proscrite à l’égal de la satire, et l’on s’obstine à croire que reproduire le passé sans l’altérer , c’est vouloir faire injure au présent.

AVANT-PROPOS

VU

Ce sujet toutefois a déjà paru sur notre scène; il a inspiré à l’auteur des Templiers une tragédie qui jouit d’une juste réputation : à la vérité , le système dramatique dans lequel cette tragédie est conçue , système que nous n’avons ici le droit ni de blâmer ni de défendre, permettait à Fauteur de voiler assez l’histoire , pour que la représentation de son ouvrage pût être tolérée.

Ainsi que nous l’avons annoncé en publiant pour la première fois les Barricades , les États de Blois ne sont pour ainsi dire que le second acte du grand drame de la Ligue. Envisagée sous le point de vue purement dramatique, l’action qui s’y développe se suffît sans doute à elle-même et n’a pas besoin de complément; mais aux yeux de

AVANT-PROPOS

l’historien, la mort du duc de Guise n’est qu’un événement transitoire. Il faut que Henri III ait trouvé la mort à Saint-Cloud pour que cette chaîne de faits, dont nous avons suivi tous les anneaux à partir de la journée des Barricades , puisse être considérée comme rompue. L’auteur a donc cru qu’il n’aurait achevé sa tâchç qu’après avoir tenté d’esquisser aussi cette Mort de Henri III . Nous réclamons dès aujourd’hui la bienveillance du public pour ce nouvel essai qui doit paraître prochainement.

INTRODUCTION

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