‹ Les etats de BloisChapitre 103 sur 225 · SCÈNE y · texte numérisé non relu

SCÈNE y

SAINTE-M ALIN ES

Où es-tu, beau radoteur? prends garde que je ne t’avale toi-mème.

LOIGNAC , à Sainte -Malines.

Laisse donc cette canaille. Ce n’est pas le moment.... voilà la messe finie.. . allons, en marche.... place au Roi! place au Roi!....

( Il écarta la foule, et pratique un passage assez large. Le Roi sort de l’église, son livre d’Heures à la main, et marmottant des prières comme quand il est entré. Le duc de Guise cause à voix basse avec Brissac ; ce qui ne l’empêclie pas de saluer tous ceux qu’il reconnaît sur son passage. Arrivé à la porte du château, il salue le Roi à deux reprises, et se dirige, avec sa suite, du côté de ses appartemens. — Les soldats qui étaient dans l’église sortent à la file, et retournent à leurs postes. — La foule se disperse et se dissipe peu à peu. )

PASQUIER , à Montaigne.

Eh bien! vous les avez vus, êtes- vous content ?

MONTAIGNE

Oui , mais je suis tout ému.

PASQUIER

Et pourquoi?

MONTAIGNE

Je ne sais; mais en voyant marcher ce duc de Guise avec un courage si haut èt une contenance si fière, il m’est venu en l’esprit, soudainement et comÜie par inspiration surnaturelle^ ce vers d’un ancien, que j’avais tout-àfait oublié depuis mon sortir des écoles :

In tua constanter funera } cæce, ruis.

PASQUIER

Vraiment? il vous est revenu comme cela tout à coup.

MONTAIGNE

Oui, tout à coup.

PASQUIER

Et vous y voyez un avertissement ?

MONTAIGNE

Non, mais.... il m’est arrivé quelquefois....

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