‹ Les etats de BloisChapitre 118 sur 225 · SCÈNE "VI · texte numérisé non relu

SCÈNE "VI

(luit, je crois, en telle extrémité, que je dois prendre un parti. Voyons, mes amis, que faut-il faire ?

d’aumont.

Punir, Sire, punir!

LE ROI

J’y suis résolu , maréchal. Je trouve quil est temps que je sorte de tutelle, et qu’il n’y ait de roi que moi.

d’aumont.

Ah! Sire, c’est l’ange des nobles fleurs de lis qui vous inspire ces belles paroles.

LE ROI

Mais quels châtimens choisir , mes amis ? Comment punit-on de pareils coupables ?

d’aumont.

Eh bien1 n’avons-nous pas des lois? n’avezvous pas un grand-prévôt, Sire?

(Le Roi, sans répondre , s’enfonce daus son fauteuil, d’un air boudeur.)

ORNANO

Maréchal , croyez-moi, point de procès....

LOIGNAC

Oh! non, point de procès, c’est bien dit.

ORNANO

Je vous le demande, qui osera l’instruire ce procès? qui exploitera contre un tel homme?

qui entendra les témoins? qui exécutera le jugement ? Soutenu par tant de partisans, auxquels vous donnez le temps d’accourir pour le sauver, c’est lui, morbleu ! qui ferait le procès à ses juges !

LOIGNAC

Bravo î colonel !

BELLEGARDE

Le crime de lèse-majesté est tout extraordinaire; la forme de sa punition doit donc l’ètre aussi. Quand Dieu veut se venger, le tonnerre a frappé avant que l’éclair brille : quand un Roi veut punir, il faut que la peine précède le jugement.

LE ROI , vivement.

Voilà qui est juste, Bellegarde, et d’un beau langage; oui, c’est cela, le tonnerre avant l’éclair.?.. Ainsi, punissons d’abord, et puis ensuite on informera. Qu’en dites-vous, maréchal ? renoncez-vous au procès ?

d’aumont.

Sire, je n’y tiens pas. autrement ...

LE ROT

Eh bien! c’est chose arretée; la peine avant le jugement. Maintenant, messieurs , il s’agit de l’exécution : donnez-moi vos avis.

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