‹ Les etats de BloisChapitre 119 sur 225 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ORNANO

Il ne faut pas s’attendre à le surprendre aisément; il est toujours si bien accompagné!

RAMBOUILLET

Cependant , je l’ai vu quelquefois à la chasse se laisser emporter loin de son monde. Si Votre Majesté lui donnait rendez-vous dans la forêt ?

Mes amis, c’est ici qu’il m’a bravé, c’est ici surtout qu’il me plairait d’être vengé. Voyons , ne pourrions -nous l’attirer seul dans cette chambre ?

RAMBOUILLET

Quand il vient vous voir, Sire, votre vestibule n’est pas assez grand pour contenir tous les coupe-jarrets qu’il traîne après lui.

LE ROI

C’est vrai... tout à l’heure encore il y en avait quarante.... mais le vestibule est-il donc toujours à la disposition des laquais?.... Quand j’y suis, quand j’y tiens le conseil, où laisse-t-il ses gardes?

RAMBOUILLET

Sire, presque toujours au bas de l’escalier, et quand il pleut, sous le porche aux Bretons,

LE ROI, vivement.

Eh bien! mes amis, ne voyez-vous pas mon plan ? qu’il vienne au conseil , et qu’il n’en sorte plus!

d’aitmont.

Au conseil?.... en votre présence, Sire?.... Songez que dans sa fureur il est homme à se jeter sur Votre Majesté!

Non, maréchal, je resterai dans ce cabinet.... on ira l’avertir que je veux lui parler; il entrera dans ma chambre; et c’est là, si Dieu nous aide , qu’on m’en délivrera , ( regardant Loignac.) ainsi qu’on me l’a promis.

LOIGNAC

Vive Dieu! son affaire est faite!....

LE ROI

Qu’en dites- vous, messieurs?

ORNANO

Le succès me paraît certain.

RAMBOUILLET

Oui ; mais il faudrait s’assurer de la porte du vestibule et du grand escalier....

ORNANO

Ne peut-on trouver un prétexte pour garnir l’escalier de soldats?

Page 1