SCENE VI
même une bonne patronne : c’est demain sainte Victoire, le nom n’est-il pas de bon augure? oui, nous triompherons, mes amis! Venez, d’Aumont , embrassez-moi , mon brave ! embrassez-moi , Loignac !.... embrassons-nous tous. — Ah! je l’aurai bien gagnée, cette victoire !....
d’aumont.
Je vais sur-le-champ faire la revue des corpsde-gardes : il faut qu’à la nuit tombante toutes les portes de la ville soient fermées devant
moi.
LE ROI
Bien.
RAMBOUILLET
Je' vais parler à Révol pour la convocation du conseil.
LE ROI , à Loignac.
Et VOUS, mon cher Loignac, (Il lui serre la main et parle presque à demi-voi*.) choisissez huit ou dix de vos ordinaires , ceux qui vous inspirentle plus de confiance : mais ne leur dites qu’à demi-mots ce que nous voulons d’eux, car ils n’auraient qu’à
parler . ( Elevant u» voi* :) À propos, messieurs,
prenez bien garde à vos paroles! au nom de Dieu , prenez-y bien garde! <a omano.) Pour vous,
Alphonse, je vous charge du mot d’ordre : sainte Victoire et saint Clément . — ■ Deux bons saints , n’est-il pas vrai, messieurs? Je ne vous retiens pas; adieu, mes amis : le ciel nous aidera, mais prions-le bien! Allez vite... Adieu.
D A.UMONT , d’une voix solennelle.
Dieu vous garde! Sire; demain nous aurons sauvé votre royale personne et la monarchie de vos pères.
LE ROI
Bien, mon vieil ami.... Adieu.
(Ils sortent. Le Roi seul se promenant à grands pas : )
Ils sont. partis.... Bon Dieu! quel chemin j’ai fait dans cette journée!.... Qui aurait prévu ce matin , quand ce Crillon faisait tant le difficile ,
que ce soir . (iuwie.) Qu’en dira ma mère?....
Ah! si je réussis, elle sera contente... mais il faut réussir. — Miséricorde ! nous avons oublié ce qui était le plus important, ce qu’elle m’a si fort recommandé.... Oui, certes, écrire à tous les gouverneurs de provinces , à tous les commandans de places , c’était la première chose à faire! comment n’y ai-je pas songé? Ce n’est pas que nous avons tout le temps.... Rambouillet y passera sa soirée. Et puis, ma foi, pourvu que nous ne le manquions pas, je ne m’effraie