SCÈNE VIII
pouvez m’en empêcher ; car vous le savez : la speranza .
LE DUC , Ini baisant la main.
E Vultimo ben che si perde.
LA MARQUISE
Allons rien n’est perdu, vous avez encore la mémoire.
GUISE, U' baisant une seeonde fois la main.
Adieu.
( Ils se retirent tous. — Quand Guise voit d’Espignac prêt à sortir , il le rappelle et lui dit : )
Décidément, d’Espignac, fais-moi venir mon fils.
d’espignac.
Sur-le-champ, monseigneur.
( Il sort. )
GUISE, seul.
Qui pourrait me dire pourquoi je le fais rappeler, cet enfant! En vérité, je ne sais, mais j’ai besoin de le revoir. Ce que j’éprouve est
étrange. Mon cœur bondit avec une force .
Mort-dieu! ce n’est pourtant pas de peur, (n s’assied. ) C’est sans doute de plaisir. Pauvre Charlotte ! Ses yeux étaient si brillans, si tendres!....
Mais , le voici.
( Entre le prince de Joinville. )
— Charles, vous ne m’avez pas dit adieu.
JOINVILLE
Mon père, il eût fallu vous interrompre......
N’importe . il fallait me dire adieu . As¬
seyez-vous, mon fils. Dites-moi? qu’avez-vous pensé quand votre grand’-mère parlait des dangers qui m’environnent?
JOINVILLE
Ah ! mon père , Dieu nous préserve !....
GTJISE.
Il ne s’agit pas de cela : je sais que vous m’aimez ; mais enfin le malheur peut m’en vouloir, et je vous demande si vous vous sentiriez prêt à prendre ma place. C’est la seule pensée qui me jette quelque inquiétude en l’esprit. Vous avez trop tardé à faire vos débuts, mon fils : à votre âge , je n’en étais pas à ma première campagne, et j’avais déjà changé (rois fois de cuirasse. — Il ne faut pas toujours jouer à la paume , vous devez commencer à vous mêler d’un jeu plus sérieux. Charles, ne seriez- vous pas content, si je vous envoyais rejoindre l’armée de votre oncle Mayenne, ou bien tirer l’épée contre le Béarnais?
JOINVILLE
Envoyez-moi contre le Béarnais, mon père.