MONTSERY
C’est dommage de ne l’avoir pas su , on aurait eu moins de peine.
LE ROI , montrant du doigt la porte du conseil.
Ah ça, que font-ils là-dedans?
RELLEGARDE.
Sire, voici monsieur Nambu, qui vient prendre vos ordres.
(Entre Nambu, l’huissier du conseil.)
LE ROI , à Nambu.
Dites au maréchal d’envoyer le cardinal et monsieur de Lyon à la Tour de Moulin ; nous verrons plus tard ce que nous ferons d’eux. Allez, et laissez les portes ouvertes; ces messieurs du conseil peuvent entrer.
BELLEGARDE
Eh bien î allez donc , monsieur Nambu, vous restez là comme un homme de pierre 1
NAMBU , troublé.
J’y vais, monsieur. .. j’y vais, Sire.... j’y vais.
( Il rentre au conseil, et oublie de laisser les- portes ouvertes.) ,
BELLEGARDE , allant les ouvrir lui-même.
Le pauvre homme perd la tête, je crois!
( Au moment où la porte s’ouvre , on entend la voix du cardinal qui vomit les imprécations contre les arcliers qui l’entraînent en prison et contre le Roi; on distingue ces mots : « Non , je ne serai content que quand je tiendrai sa tête entre » mes jambes, pour lui faire une couronne sanglante. »)
LE ROI
N’est-ce pas la voix du cardinal, et n’est-ce pas de moi qu’il parle?
LOIGNAC
Oui, Sire, c’est ainsi qu’il vous dit son meâ culpâ ?
LE ROI
Bon; nous nous en souviendrons, Loignac.
( Aux membres du conseil qui commencent à se présenter à la porte : )
Entrez , entrez , messieurs , et félicitez - moi ; vous me voyez sorti de tutelle, et maître enfin de faire à mon aise le bien de mes peuples et de notre sainte religion. Cet homme que vous voyez là gisant, aurait dû recevoir, depuis bientôt dix années , le coup que de braves amis viennent de lui porter. Veuillez dire à ses semblables et à ses partisans , s’il en conserve encore, qu’autant leur en pend sur la tête, s’ils ont jamais le malheur de faire comme lui. — Révol, ne trouvez-vous rien?
RÉ vol.
Sire, voici bien un coeur de diamans; une