‹ Les etats de BloisChapitre 178 sur 225 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LE ROI, entrant , une épée nue à la main .

Enfin, nous ne sommes plus deux! Je ne suis plus prisonnier, je suis roi! Ah! messieurs , venez , que je vous remercie ! vous m’avez rendu la vie! Bien, Loignac! (ii lui donne »a

main. ) — Bien, mes amis!... . ( Jetant un regard sur le cadavre : )

Comment! il est allé tomber là-bas!....

LOIGNAC

Ma foi, Sire, s’il n’eût rencontré votre lit et la muraille , je crois qu’il ne serait pas tombé d’aujourd’hui !

MONTSÉRY.

Par saint Christophe! il est mort debout!

SAINTE-MALINES

Le compère n’avait pas envie d’être enterré !

SAINT-GAUDIN

Aussi quand il est tombé, quel bruit! le plancher en tremble encore.

LE ROI

Je l’ai bien entendu!.... , ( Il s'approche du cadavre. ) Bon

Dieu! comme il est grand! . ne vous semble-

t-il pas plus grand par terre que debout ?

SAINTE-MALINES

Grand ou petit son compte est fait : voyez , Sire, les coups sont bons.

LE ROI

Bien, mes amis î ( Il donne un coup de pied à l’épaule de Guise, y

Fi! bête venimeuse, tu ne jetteras plus ton venin!.... Mais qu’avez-vous donc, Sériac, vous saignez ?....

SÉRIAC.

Sire, il m'a frappé le front si rudement avec un drageoir d’or qu’il tenait à la main , que j’en suis tout meurtri.

LE ROI

Eh bien! quand je vous disais de vous défier de lui! Je le connaissais... Prenez de l’eau fraîche, Sériac.... ou bien allez voir Miron...., — Eh! mais, regardez donc, messieurs, ne bouge-t-il pas?

Non, Sire, c’est impossible; ses yeux sont à l’envers.

LE ROI

Oh ! quels yeux !

( Il détourne la tête.)

ORNANO

Sire, ne faites-vous pas visiter ce qu’il a sur lui ?

LE ROI

Oui, vous avez raison. — Révol, chargezvous de cela.

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