‹ Les etats de BloisChapitre 185 sur 225 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LE ROI

Comment?.... que voulez-vous dire?

CATHERINE

Là-bas.... vous ne voyez pas? oh! oui, c’est lui !.... Dieu !

LE ROI

Mais où donc?

CATHERINE

Là-bas.... Santa Maria ! il me fait signe de la main! il compte sur ses doigts.... douze! eh bien ! sont-ce des jours ou des années?.... quoi ! rien que des jours ? Je vais donc mourir aussi?... Miséricorde ! il a l’air furieux ! son neveu massacré.... il me le montre , il me découvre sa plaie !... (Eiiese laisse tomber à genoux.) Monseigneur, monsieur le cardinal!.... ce n’est pas ma faute K... je vous jure !....

LE ROI, troublé.

Messieurs, les cierges sont allumés; descendons à l’église. — Je n'aime pas ces visions....

( Il retire doucement son bras de la main de sa mère. ) A.llonS , SOrtOnS.

( Il sort ; sa suite l’accompagne. )

CATHERINE , toujours à genoux.

Non, ce n’est pas ma faute!.... (Eiie revient à elle. ) , Eh bien ! je ne vois plus rien ?.... qu’avais-je donc?.... oh! quelle douleur! ma tête s’égare.. “

MIRON , qui vient d’entrer, et qui lui taie le pouls.

Calmez-vous, madame....

CATHERINE

Et le Roi?.... quoi! le Roi est parti ?...,

LA REINE LOUISE

Il reviendra bientôt....

CATHERINE

Le malheureux ! il est au bout de sa destinée comme moi!.... il se croit bien heureux!.... oh! que tout cela est triste ! — Mais pourquoi cette rumeur? entendez-vous.... dans le vestibule!.... en est-ce encore un que Ton tue ?

LA REINE LOUISE, à sa dame d’honneur.

Allez voir, madame d’Uzès.

CATHERINE

Je veux voir aussi.... je veux voir.... portezmoi, traînez-moi, je ne puis rester en place.

( Elle fait effort , et s’avance vers la porte du vestibule eu s’appuyant sur le bras de

Miron et de ses femmes. ) Seigneur Dieu ! le bruit augmente.... j’entends des cris.... ouvrez cette porte, ouvrez vite !

( On ouvre la porte, et l’on aperçoit le cardinal de Bourbon au milieu de cinq ou six archers. )

— Quoi! c’est vous, monsieur le cardinal!...

LE CARDINAL DE BOURBON, s’avançant ver» la porte.

Oui, madame, c’est moi que l’on entraîne ;

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