SCÈNE IX
DU HALDE
Sire, monsieur de Joinville vient d’être ramené au château par les gens de monsieur le grand-prieur, qui l’ont saisi à son entrée au jeu de paume?
LE ROI
Allons , de mieux en mieux. Ah ça, le grandprévôt est-il parti pour faire sa petite tournée dans la ville ,
DU HALDE
Sire , il vient de sortir.
LE ROI
Bien.
LARCHANT
J’ai placé des gardes à la porte de madame de Nemours, et si vous l’ordonnez, Sire, on la conduira en lieu de sûreté
LE ROI
Il n’y aurait pas de mal. Mais vous ne dites pas ce qu’est devenue cette madame de Noirmoutiers ?
LARCHANT
Sire, nous l’avons trouvée dans son lit, et sa douleur était si grande, qu’elle nous priait en grâce de la tuer. Faudra-t-il aussi la mettre au donjon?
LE ROI
Oh! non; ce n’est pas la peine: laissez-la pleurer ; seulement , si cela durait trop longtemps, vous n’avez qu’à l’envoyer au Roi de Navarre ou à quelqu’ autre.... Soyez tranquille, Larchant, elle n’est pas femme à pleurer toujours. (Il se retourne vers sa suite:) — ; — Mes amis, allons
prier Dieu qu’il nous continue ses bonnes grâces; jusqu’à présent il ne nous maltraite pas; tout marche à souhait, et je gage que ma bonne mère commence à être contente de moi.... Mais qu’avez-vous, madame, vos yeux se troublent? quelle pâleur! ...
LA. REINE LOUISE
Madame d’Uzès , allez vite chercher Miron , voici la Reine qui prend ses faiblesses....
CATHERINE , d’une voi* éteinte.
Oh! ne vous effrayez pas.... je ne me sens pas
mal.... (Elle prend le Roi par le bras. ) Dieu! que vois-je?....
mon fils, mon fils, vous souvenez -vous du cardinal de Lorraine ?
LE ROI
Certes, il m’en souvient, ma mère.
CATHERINE, avec égarement!.
Eh bien! regardez là.... n’est-ce pas lui?