‹ Les etats de BloisChapitre 192 sur 225 · SCENE Xï · texte numérisé non relu

SCENE Xï

RICHELIEU

Je le veux bien.

( Il fait signe aux archers de rentrer dans le vestibule. )

MARTEAU

Maintenant, monsieur, peut-on vous demander ce que vous venez faire?

RICHELIEU

En effet, monsieur, cela vous regarde; vous êtes le premier accusé d’avoir voulu tuer le Roi.

MARTEAU

Moi, monsieur?

RICHELIEU

Oui , vous le premier. #

(Il déroule un petit papier qu’il vient de tirer de son pourpoint.)

MARTEAU

Dieu m’est témoin qu’il me sera facile de faire luire mon innocence.

RICHELIEU

Tant mieux. Maintenant voici les autres : (ii ut.) « Monsieur Compan. » (ACompan.) C’est vous, monsieur, je vous connais.... « Mon- » sieur Crucé. »

MARTEAU

Il n’est pas ici.

RICHELIEU , après avoir regardé de côté et d’autre.

Il se cache donc?.... N’importe, nous le re-

trouverons. « Messieurs Duverger , Leroy d’A- » miens, de Neuilly, Duvair. »

QUELQUES VOIX

En voilà plus de six.

RICHELIEU

J’en prendrai douze, si vous parlez. (APrî*un

moment de silence , s’adressant à ceux qu’il vient de nommer. ) Allons ,

messieurs, vous êtes présens, vous autres, ne vous faites pas prier, sinon.... Passez devant moi....

MARTEAU

Vous nous laisserez du moins le temps de prendre nos manteaux et nos bonnets.

RICHELIEU

Il n’y faut pas tant de façon , vous irez bien tète nue.

COMPAN.

Par la pluie qu’il fait?

RICHELIEU

La pluie rafraîchira votre baptême , vous en avez besoin.

QUELQUES VOIX

Quelle indignité!

RICHELIEU

Allons, vite..,.

Page 1