SCENE I
ne venez pas ici faire la roue comme des paons qui muent ; nous sommes chez nous , et vous n’êtes qu’à l’auberge.
ROBERTZ.
Tu-dieu! raison de plus pour que vous soyez nos valets !
MONTGAILLARI).
Ouais ! Commandez qu’on vous serve , nos maîtres, vous goûterez notre cuisine.
CHATEAUNEUF
On a des étrilles à votre service.
ROBERTZ.
Oh ! pour le coup , la flamberge a besoin de prendre l’air.
MONTIGNY
Paix là! Robertz; tu vas t’embourber, camarade.
ROBERTZ . faisant le geste de rengainer son épée.
C’est vrai ; ne nous embourbons pas.
PETITBOURG , riant.
Ils n’ont pas compris !....
ROBERTZ.
Ces pauvres enfans ! il faut leur dire que ça se conjugue. Ecoutez, mes petits : je bourbe, tu bourbes, il bourbe, nous bourbojys....
CHATEAU NEUF , lui donnant un soufflet.
Sang de dieu! voilà qui te déboürbera !...
ROBERTZ , étourdi par le coup.
Holà!
CHATEAUNEUF , tirant sa dague.
Eh bien ! ventre-bleu ! on dégaine....
ROBERTZ.
M’y voilà.
CHATEAUNEUF , au* pages des deui partis.
Place, messieurs....
( Châteauneuf cl Robertz se battent. )
GOUDARD.
Miséricorde! pas de bataille, messieurs, ou battez-vous plus loin.
( Entrent Loignac , Sainle-Malines , et autres des quarante-cinq ordinaires. )
Qu’est-ce cela ? combat de coqs ! bravo ! Bourbon contre Guisard, très-bien! Courage ,
Châteauneuf! bien paré! bon ! ( A ceux qui regardent
e combat. ) Eh ! que diable faites- vous là, vous autres? allons donc , la dague au poing.... Grande mêlée.
GOUDARÜ.
Mon Dieu! monsieur de Loignac, vous n’ètes pas raisonnable ! ils vont tout briser, ils vont se tuer ; séparons-ies.
5CRNR I.
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LOIGNAC
Veux -tu te taire? ne faut -il pas qu’ils s’exercent , ces enfans ?
^ Les pages des deuï partis se chargent. )
Nous y voilà ! bien, courage, mes petits hérissons.
( Le bruit attire quelques soldats du poste du pont-levis , ainsi que plusieurs laquais de la maison des princes et du Roi. )
Mais , cap-dé-iliou ! vous avez là des broches à allouettes pour épées ! piquez donc; un peu de sang, corbleu ! — -Êtes-vous rembourrés de son ? — Tiens, Ghâteauneuf, prends ma dague , elle fera son trou....
CHATEAUNEUF , prenant l’épée de Loignac'
Elle est lourde, capitaine !....
LOIGNAC
Mets-y les deux mains , mon enfant. Bon , c’est cela.
(Chateauneuf donne un grand coup de dague à Robertz qui tomhc baigné dans son sang. )
ROBERTZ.
Aye ! à moi, Montigny....
MONT1GNY.
Pauvre Robertz, nous allons te venger, camarade. (Tl crie de toutes ses forces. ) Holà ^ à nous, Guise et
Lorraine !