SCENE I
vous fous d’aller ainsi croiser le fer avec les gens de mon cousin de Guise ? Est-ce que vous ne devez pas chérir et respecter mon cousin de Guise et tout ce qui lui appartient ? Me voyezvous aimer et estimer un homme en ce monde à l’égal de mon cousin de Guise? Pour apprendre à être mieux avisés , vous irez coucher au cachot avec de l’eau et du pain, et vous n’en sortirez que le saint jour de Noël pour l’office. Allez , petits sots !
LOIGNAC , à demi-voii.
Ils ont plus d’esprit et de cœur que toi , vieille buse !
GUISE, à ses pages .
Pour vous aussi, du pain, de l’eau, la prison,
et, si vous recommencez , le fouet. (se tournant vers
les pages du Roi. ) Quant à ces messieurs , ils ont fait meme faute , ils auront même punition.
LOIGNAC , du milieu delà foule.
Les gens du Roi n’obéissent qu’au Roi.
GUISE , vivement.
Qui a tenu ce propos ? je le trouve étrange- — Ignore-t-on que je commande ici comme lieutenant du Roi et grand-maître de sa maison ? (Il aperçoit dans les mains de Cliâteauneuf l’épée dç Loigitac. ) D’où
i3‘i les états de blois.
vous vient cette épée, jeune homme? elle n’est pas à vous.
CHATEAUNEUF
Monseigneur, on me l’a prêtée....
GUISE
Eh qui ?.... ah ! je reconnais.... un de messieurs les ordinaires! Je les en félicite; jusqu’ici du moins leurs dagues ne servaient pas à tuer les enfans. Messieurs, à qui cette épée?
LOIGNAC , sortant de la foule.
A moi.
GUISE
Vous mériteriez, monsieur, qu’on ne vous la rendît pas.
( Les amis de Loignac font entendre quelques murmures. ) i LOIGNAC , bas, et s’en retournant à sa place.
Si tu ne la rendais pas , je te ferais peut-être rendre autre chose!....
GUISE
Il est indigne d’un gentilhomme de faire de ses armes un tel usage.
(Les ordinaires murmurent plus fort. Guise reprend : )
Voilà des murmures dont vous pourriez vous repentir , messieurs. Vous n’avez plus quinze ans , mais il n’est pas défendu pour cela de vous I traiter en pages.