SCÈNE II
CATHERINE
Comptez sur eux.
LE ROI , toujours assis au fond de ta chambre.
Vous êtes bien heureux de penser à des chansons !....
Certainement.... Sire....
LE ROI
La veille du saint jour de Noël!....
LE CARDINAL
Sire, pardonnez-moi.... ce n’est aujourd’hui que la Saint-Thomas.... a^ant de faire vigilejeûne , on peut bien se permettre une espèce de petit carême-prenant.
LE ROI
Moi, je commence mes jeûnes du plus loin que je peux.
LE CARDINAL
Aussi Votre Majesté ne prend pas assez de soin de sa santé.
LE ROI
Grand merci! mon cousin. — Mais, si vous soignez la vôtre , n’avez-vous pas peur de laisser passer l’heure de votre appétit ?....
CATHERINE
En effet, monsieur le cardinal , ce souper....
LE CARDINAL
Certainement.... je ne voudrais pas faire attendre mes cousins de Guise.... vous permettez donc ?....
LE ROI
Certes....
ê LE CARDINAL.
Et j’aurai les chanteurs ?.... — Dieu vous garde, Sire, et vous, madame.
LE ROI
Salut, mon cousin.*
( Le cardinal sort. )
Lourde bête ! va-t-en prosterner tes cheveux blancs et l’honneur de ta maison aux pieds de ces deux cadets de Lorraine ; va-t-en leur présenter la serviette et le gobelet.... — Ne vous fait-il pas pitié, ma mère?
CATHERINE
Mon fils , reprenons notre propos. — Il veut partir, dites-vous ?
LE ROI
Oui , partir , quitter la cour. — Il se plaint qu’on l’outrage.... le pauvre homme! — Il m’a menacé de laisser là sa lieutenance ; mais je savais à quel but visait tout ce patelinage; ses