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SCÈNE III

GUISE

Mais pourtant on m’a dit que tu voulais me parler.

JEANNE

Oh ! sans doute, mon bon seigneur.

GUISE

Eh bien ! est-ce ma mère qui t’envoie ?....

JEANNE

Non, monseigneur, non : mais j’ai tant de peur pour vous...

GUISE

Comment? pourquoi as-tu peur?

JEANNE

Ah dame! si vous saviez, monseigneur, si vous saviez ce que j’ai vu....

GTJISE.

Qu’as-tu vu?

JEANNE

C’est ce matin, monseigneur...

GUISE

Eh bien? ce matin...

JEANNE

Au bas de la rampe qui descend à la fontaine...

GUISE

Achève, ma bonne...

JEANNE

Il y avait un frère minime qui remplissait sa gourde; sitôt qu’il m’aperçut, il vint à moi en me disant : N’ètes-vous pas de la maison de notre bon seigneur Henri de Guise? — Si je suis de sa maison, ai-je dit, c’est moi qui l’ai nourri, cet excellent, ce grand prince...

GUISE

Ensuite, ma bonne.

JEANNE , changeant sa voix.

« Eh bien! vous direz à votre maître qu’il y » a dessein contre lui , et que s’il ne quitte » promptement ce château.... »

GUISE, riant.

J’étais sûr que ça finirait par-là...

JEANNE

Ah! monseigneur, je vous jure qu’il me l’a dit, il n’y a pas une heure... il me semble que je l’entends encore : « s’il ne quitte prompte- » ment ce château.... »

GUISE

Je veux bien qu’il te l’ait dit, bonne Jeanne; mais ton père minime était un fou.

JEANNE , faisant le signe de la croix.

Prenez garde, monseigneur, vous ne l’avez

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