SCENE III
y a là-bas, sous le Porche aux Bretons, une bonne vieille qui demande en grâce à vous parler.
GUISE
Comment la nommez-vous?
FERICARD.
Jeanne Lenoir, ce me semble.
GUISE
Quoi! Jeanne, ma vieille nourrice? que me veut-elle ?
PÉRICARD.
Je ne sais, mais elle a grande envie de voir monseigneur.
GUISE
Eh bien ! faite-la venir, Péricard.
PÉRICARD.
Oui , monseigneur.
( Il sort. )
GUISE, seul , cherchant de nouveau dans les papiers qui sont sur la table.
Pas encore de lettres d’Orléans!... Je veux pourtant qu’avant la Noël, la citadelle soit sortie des griffes de maître Judas d’Entragues. Si à midi je n’ai point de nouvelles, Rossieux et
son frère iront m’en chercher. - (Il se lève et se place
devant un miroir. ) Quant à présent , la grande affaire , c’est de passer ce pourpoint.... d’attacher cette
fraise... — Huit heures. — Le vestible ne tardera pas à se remplir; si je les faisais attendre, ils croiraient que je m’oublie à dormir, (ii S’aPProd.e
de la fenêtre qui donne sur la basse-cour.) PeSte! tOUS leS JOUrS pluS
nombreux.... députés, conseillers, échevins, jusqu’à des bourgeois... Bien; et tous s’acheminent de ce côté, (ii va voir à la fenêtre qui donne sur la cour. )
Pas un qui tourne seulement la tête vers le grand escalier : ils ont raison , morbleu ! qu’iraient-ils faire vis-à-vis ? éveiller une malade, troubler un moine dans ses dévotions !
( Entre Jeanne Lenoir. )
Ah! te voilà, bonne Jeanne.
JEANNE
Pardon, monseigneur, pardon !
GUISE
Approche.
JEANNE
Oh! je suis bien là, monseigneur.
GUISE
Non, ma bonne; approche. — Que veux-tu me dire ?
JEANNE
Moi, monseigneur, rien...