‹ Les etats de BloisChapitre 63 sur 225 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

plus de crème de Saint-Gervais , ou cela s’appelle faire le roi gros comme le bras.

LE CARDINAL

Mais, oui , je le trouve assez en train ce matin : c’est surtout ce grand sceau qui me charme; j’appelle cela : les adieux à la lieutenance.

d’espignac.

Allons ! le voilà qui passe devant le père provincial , sans lui dire un seul mot.

Maladresse : voyez- vous , Pierre, ces gens de guerre ont de maudits préjugés.... Mais je vais lui parler, moi.

( Il s’approshe du père provincial des jésuites et cause avec lui. )

GU ISE , s’arrêtant devant monsieur Pasquier , maître aux comptes.

Salut ! monsieur Pasquier : dites-moi , je vous prie , ce que devient votre ami, ce gentilhomme gascon qui fait de si beaux écrits ?

PASQUIER

Le sieur de Montaigne , monseigneur ?

GUISE

Oui, le sieur de Montaigne : pourquoi ne vient-il plus avec vous?

PASQUIER

Mais, monseigneur.... une santé délicate.... un esprit quelque peu bizarre....

GUISE

De quoi pourrait-il s’effaroucher?.... Dites-lui combien j’ai de plaisir à le voir.... il a des façons de parler si vives , si brusques.... dites-le lui bien, monsieur Pasquier.

(Guise, qui a fait le tour de la chambre , retourne devant la cheminée et dit à haute voix : )

Messieurs, voici venir l’heure de vos séances; je ne veux pas vous retenir : moi-mème, je ne tarderai pas à prendre congé de vous , car j’ai besoin de me recueillir avant de recevoir le corps de Notre-Seigneur. — Nous n’avons point parlé de tout ce que j’ai fait depuis dimanche pour obtenir du Roi l’admission du concile de Trente, et l’édit d’exclusion contre le roi de Navarre. Demain , messieurs , si vous me faites encore meme honneur qu’ aujourd’hui , je vous dirai où en sont ces affaires , et en quoi je puis avoir besoin que vous me prêtiez secours. — Adieu ! messieurs.

( La foule s’écoule peu à peu. — Guise fait signe à Marteau : )

Veuillez rester, monsieur Marteau. — (Au cardinal de Bourbon : ) Cardinal, un moment, s’il vous plaît....

( A l’archevêque de Bourges : ) Et vous aussi , monsieur l’ar-

ehevèque , si rien ne vous presse toutefois.

LARCHEVÊQUE DE BOURGES.

A vos ordres, monsieur le duc, à vos ordres.

Page 1