SCENE III
LOISEL
Mais, monseigneur, les catholiques ne s’entendent pas trop mal. Vous avez sans doute appris ce que nous avons fait lundi dernier?
GUISE
Non , je ne sais rien.
LOISEL
Monseigneur connaît peut-être cet infâme petit libelle huguenot, intitulé le Maire du Palais ?
GUISE
Mais, oui, je crois me rappeler....
LOISEL
Eh bien! monseigneur, l’imprimeur a été trouvé et pendu.
GUISE
Très- bien.
LOISEL
En même temps on a pendff un misérable marchand de Rouen qui paraissait s’appitoyer sur le sort de l’autre qu’on menait pendre. Monsieur Airault, le lieutenant-criminel, mettait tant de zèle à vous satisfaire....
GUISE
Cependant, si cet homme n’avait rien fait?...
SAINT-PAUL , derrière le duc.
Allez, monseigneur, c’est toujours un de moins.
( On rit. )
GUISE , continuant sa promenade , s’approche de deux éehevins.
N’est-ce pas vous, messieurs, qui êtes envoyés par les habitans de Romorantin?
l’un des échevins.
Oui , monseigneur.
GUISE , se rétournant.
Péricard, donnez-moi cette lettre.
(Péricard lui présente une grande lettre scellée d’un ample cachet.
— Messieurs , j’ai examiné votre demande, elle
est juste; vous ne devez point de logemens
militaires aux gens de Sa Majesté : voici des
lettres-patentes , scellées de mon grand sceau ,
par lesquelles je vous fais défense de fournir
ni vivres ni munitions au sieur de Souvray et
à sa compagnie , quels que soient les ordres
dont ils s’auto^sent : vous leur direz d’aller
en chercher à Bourges , ou plus loin encore.
Puisque j’ai répondu devant Dieu de la sûreté
des États , je ne dois pas souffrir que toutes les
villes qui nous environnent se changent en
camps et en arsenaux. Allez, messieurs.
D ESPIGNAC , ha* au cardinal de Guise.
Ma foi , monseigneur, je ne mangerai jamais