‹ Les etats de BloisChapitre 68 sur 225 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GUISE

Qui ? voyons ; parle.

d’espignac.

Une dame, une dame de Paris.

GUISE

Ce carrosse vient de Paris?

D ESPIGNAC.

Oui, monseigneur; et cette belle dame est une marquise.

GUISE

Que dis-tulà? Serait-il possible... Charlotte?... d’espignac.

Elle-même, monseigneur; madame de Noirmoutiers en personne.

GUISE

Ah! cette chère Charlotte !.... Mais que vientelle faire à Blois ?

D’ESPIGNAC , prenant une voix lugubre.

Elle vient tout exprès, monseigneur, pour vous empêcher de mourir.

guise.

Comment? elle aussi!

d’espignac.

Elle vous croyait déjà assassiné , dagué , brûlé vif, et que sais-je encore?.... Mais quand nous lui avons dit : Il est là-haut , vous allez

le voir.... ses joues se sont couvertes d’une douce rougeur.... Ah ! monseigneur , quelles joues !....

GUISE , se tournant vers le miroir, et arrangeant sa fraise.

Monsieur l’archevêque, il me semble que voilà des joues qui occupent un peu trop votre éminence.

d’espignac.

Et vous, mon seign eu r, n’y pensez-vous point ?. . . Il est vrai que les yeux valent encore mieux que les joues.... et, certes, pour une beauté de trentesept ans, est il impossible d’être plus....

GUISE

Que dis-tu donc? elle n’a pas....

d’espignac.

Ah ! monseigneur , plutôt trente-huit ! je tiens registre de toutes ces dames. — Elle vient précisément entre madame d’Aumale et madame de Nevers : mais il n’y paraît pas; toujours jolie ! toujours belle !....

guise.

D’Espignac, où est-elle?

d’espignag.

Chez votre mère, monseigneur....

guise.

Eh bien ! montons chez ma mère.

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