‹ Les etats de BloisChapitre 71 sur 225 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE ROI

Oui , mon père.

DE BULLIS.

Eh bien ! Sire.... depuis dimanche ?....

LE ROI , ayant l’air de chercher dans sa mémoire.

Depuis dimanche, mon père, il n’y a rien de nouveau.

DE BULLIS.

Rien ?

LE ROI

Non , rien : je suis d’une telle sagesse maintenant !....

DE BULLIS.

Je vous l’ai toujours dit, Sire, il ne s’agit que d’en prendre l’habitude. — Votre Majesté veut-elle que je prononce l’absolution?

LE ROI

Mais.... attendez.... pas encore.

DE BULLIS.

C’est qu’il se fait tard, Sire : monsieur le légat est peut-être déjà à la sacristie , et Votre Majesté se souvient qu’elle m’a commandé de

lui servir la messe, (n se lève et se prépare à prononcer l’absolution.)

In iiomine Patris et....

LE ROI

Non , non : un moment.... on oublie quel»

quefois.... si par hasard.... — Tenez , mon père, faites-moi des questions.

DE BULLIS.

Sire , à quoi bon , si votre mémoire ne vous rappelle rien qui en vaille la peine? est-ce pour quelques misérables peccadilles....

LE ROI

Voilà comme vous êtes, monsieur de Bullis.... Moi, je ne veux pas de grâce. Je n’ai pas envie de faire une mauvaise communion, surtout si près de la Noël. Voyons, mon père ; je vais vous répondre.

DE BULLIS.

Certainement Votre Majesté n’a rien fait ni rien pensé qui soit contraire aux saints dogmes de notre divine religion.

LE ROI

Miséricorde! Dieu m’en garde!

DE BULLIS.

Vous n’avez rien épargné, rien négligé pour étehdre son règneset terrasser ses ennemis.

LE ROI

Oh ! pour ce qui est de la religion , mon père , n’ayez point d’inquiétude ; je suis bien sûr que Dieu doit être content de moi.

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