SCENE IV
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DE BIJLLIS.
Eh bien ! c’est tout ce qu’il faut, Sire : car Dieu nous absout aisément de nos autres péchés, quand nous n’en commettons point qui le touchent personnellement. — Maintenant, quant au prochain, vous ne l’avez offensé ni en action, ni en pensée?....
LE KOI , hésitaut.
Mais.... je ne dis pas cela; je me rappelle bien certaines pensées....
DE BULLIS.
Comment, Sire, des pensées de haine, de vengeance, peut-être?....
LE ROI
Hélas! oui , mon père. Mais que voulez-vous , il m’insulte tous les jours....
DE BULLIS.
De qui parle Votre Majesté ?
LE ROI
De qui?.... eh ! mais.... du prochain. — Cette question était inutile, monsieur de Bullis.
DE BULLIS.
J’en demande pardon à Votre Majesté.
LE ROI
Ce qui me rassure , mon père, c’est que
2i6 LES ÉTATS DE BLOIS.
vous m’avez dit souvent qu’on n’allait pas en enfer pour des pensées.
DE BULLIS.
Sire, c’est selon quelles pensées....
LE ROI
Je compte pourtant bien que Dieu ne me damnera pas pour quelques mouvemens d’impatience , ou pour de simples bouffées d’humeur noire.... cela ne s’est jamais vu. — D’autant que quand il fait ce temps sombre et froid , vous savez bien que je ne suis pas maître de moi. Ce n’est donc pas ma faute si....
DE BULLIS.
Sire , Notre-Seigneur ne reçoit pas de telles excuses.
LE ROI
Pardonnez-moi, mon pere, il faut bien qu’il les reçoive ; car Miron m’a dit vingt fois que tout ce que je pourrais penser et meme tout ce que je pourrais faire, par un temps comme celui-ci, ne saurait m’être imputé.
DE BULLIS.
Votre Majesté veut Bouc que je prononce l’absolution ?