I.E ROI
Moi, je 11e veux rien : c’est votre affaire, monsieur de Bullis.
DE BULLIS.
Sire, vous êtes en état de grâce.
LE ROI
Dès que vous me le dites, je me tiens content.
DE BULLIS.
Cependant , Sire....
LE ROI
Pardon , pardon !....
DE BULLIS.
Comme Votre Majesté voudra.... — In nomine Patris....
LE ROI
Et ma pénitence? Vous ne me donnez pas de pénitence ?
DE BULLIS.
Ah! vous avez raison, Sire: Votre Majesté lira trois fois, tous les soirs, le psaume trentième : Domine , ne in furore tuo....
LE ROI
Mon père, j’aimerais mieux le trente-septième.
DE BULLIS.
Pour quelle raison, Sire?
LE ROI
Parce qu’il est plus long. Je veux une bonne pénitence.
DE BULLIS.
Eh bien ! soit : Votre Majesté lira le trenteseptième.
LE ROI
Je le lirai six fois.
DE BULLIS.
Comme vous voudrez, Sire. — In nomme Patris et Filii et Spiritûs-Sancti ....
LE ROI
Amen.
DE BULLIS.
Absolvo te , etc.. .. (Il dit toute la formule de l’absolution. )
LE ROI
Amen. — Maintenant, monsieur de Bullis , allez voir si monsieur le légat est arrivé : vous me ferez avertir aussitôt que vous serez prêt. Adieu. —
( Il se lève et l’accompagne jusqu’à la porte j au moment où de Bullis va pour lever la tapisserie , le Roi lui prend la main et lui dit : )
Un instant, monsieur de Bullis.... Décidément, il me semble que je ne vous ai pas tout dit....
( Après une minute de silence , il laisse aller la main de M. de Bullis , et ajoute : )
Mais non.... ce n’est rien : je ne m’en souviens plus. Adieu , mon père.