‹ Les etats de BloisChapitre 80 sur 225 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Eh bien! Grillon.... c’est toi qui nie le rendras !

CRILLON

Sire , je suis prêt.

LE ROi.

Mon ami! tu m’en délivreras?....

CRILLON

A l’instant, si vous voulez.

LE ROI

Oh !.... j’étais bien sûr.... Brave Crillon !...,

CRILLON

Ah ça, mais croyez-vous qu’il accepte?

LE ROI

Comment? qu’il accepte?....

Eh bien! oui : ce n’est pas tout de bien se battre; il est prince, et je ne suis que mestre de camp , Crillon , fils cadet de Cilles de Balbis....

LE ROI

Qu’importe , mon ami !

CRILLON

Mais s’il n’accepte pas, comment voulez- vous que je fasse ?

LE ROI

Tout comme s’il acceptait. — As-tu besoin

de sa permission pour lui envoyer deux balles dans la tète?

crillon.

Harnibieu! Sire, comptez-vous donc que je vais l’attendre au coin d’une haie ?

LE ROI, lui frappant amicalement sur la cuisse.

Non , non , là....

CRILLON

J© ne suis qu’un cadet, mais, ventre-bleu î je suis Crillon, votre mestre de camp; et jusqu’ici personne n’a dédaigné de se couper la gorge avec moi....

LE ROI

C’est vrai, mon ami.

CRILLON

Je vous ai promis de vous délivrer du duc, et je tiendrai parole. Quelque rude que soit son bras, je suis sûr de mon coup. Je n’ai qu’à me faire tuer, il faudra bien qu’il tombe.... Mais si Votre Majesté veut faire de moi son prévôt des hautes œuvres ; si vous me commandez de braquer les gens comme des lièvres , je me sens encore de trop bonne condition pour m’accommoder à de tels métiers ; et je vous demanderai plutôt la permission de me retirer dans ma famille, dans ma Provence....

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