SCÈNE IV
Merci, mon ami. — Du Halde, vous allez faire boire ce brave homme, et vous le logerez dans la petite aile du midi.
DU HALDE
Sire, monsieur le duc vient d’en disposer pour les laquais de la marquise.
LE ROI , frappant dn pied.
Comment !.... , (Au messager : ) N’importe; descendez toujours, mon ami.
(Le messager sort.)
— Du Halde ! du Halde ! écoutez. — Vous voyez bien cet homme; vous remarquez ses chausses bleues et son floquet rose ; eh bien ! ne le perdez pas de vue : sachez où il va, à qui il parle : prenez garde qu’il ne s’enivre, et, si vous le voyez rôder à six pas seulement des cuisines du duc ou de son escalier, faites-le saisir sur-le-champ, et pas de pitié : aux petites oubliettes!.... Allez vite.
( Du Halde sort. )
— Sainte mère de Dieu! moi qui parlais de patience! je suis dans la nasse jusqu’au cou! mais j’en sortirai, je briserai les mailles! Par la mort-dieu! le courage me remonte au cœur'
(Entre Lolgnac. )
Ah! c’est vous, Loignac; comme vous courez! vous venez me chercher ? Descendons.
LOIGNAC
Sire, je voulais vous prévenir que vous allez trouver l’église remplie de soldats ; n’en soyez pas surpris....
LE ROI
Que se passe-t-il donc?
LOIGNAC
Rien, Sire; mais comme je me suis aperçu que monsieur le duc faisait garnir la nef de ses hommes d’armes , j’ai cru que Votre Majesté devait y avoir aussi les siens.
LE ROI
Vous avez très-bien fait, Loignac. Mes ordinaires y seront-ils?
LOIGNAC
Oui, Sire; moitié dehors, moitié dedans.
LE ROI
Bon ! — Ainsi nous allons communier au milieu des hallebardes ! — Ah ! mon cousin , voilà donc comme vous entendez la paix !.... Loignac , me répondez -vous qu’ils n’entreprendront rien ?
LOIGNAC
Sire , nous serions plus forts qu’eux.