JEUDI 22 DÉCEMBRE, 6 UEURES DU SOIR
La maison du concierge , *
Grande salle meublée à peu près comme un cabaret. Au milieu de la salle une grande table couverte d'açsiéttes et de gobelets d'étain.
Une porte à vitraux conduit à une petite salle voisine.
Robertz , le page du duc, qui a été blessé dans la première- se J'ne , est assis au coin du iey ,,daDs un grand fauteuil de bois j il^'pt.p|rlip et a l'pjr .^coye.|^fl'r?iit. De l'autre côté de la clteminée, Jeanye Lenoir^, 1% nourrice de monsieur de Guise, est assise Sur taii escabot. Le fr^rè Coiîpard , chantre de Saint-Saureûr", les coudes appuyés sur la table, se verse de temps en temps rasade. Martiuot , palfr.anier' de la marquise de Noirmoutiers , est placé entre la nourrice et Robertz. Enfin Goudard, le concierge, va et vient dapsr^ai^a^^
Allons, Martinot, raconte-nous les nouvelles de Paris ; voyons : — où en est le Pont-Neuf?
* Voyez le plan, lettre M/^^^*l>
3i2 LES ETATS DE BLOIS.
MARTINOT.
Et qui diable y pense à ton Pont-Neuf nous n'y mettrons pas une pierre que le tyran ne soit à bas.
GOUDARD.
Pas si haut , camarade.
MARTINOT.
Eh bien! qu'as-tu donc?
GOUDARD.
♦"Dame, tu emploies des mots!....
* MARTINOT.
Des mots parisiens, morbleu! te font -ils peur? Tu me demandes de quoi on parle chez nous : je te le dis. Crois-tu bonnement que nous nous gênons pour baptiser le Valois de son vrai nom? N'est-il donc pas tyran, ce fils de catin , ce pied fourchu , cette harpie galeuse?
GOUDARD.
Plus bas! plus bas! Prends garde!....
MARTINOT.
Ah çà ! je vois que tu t'es farci de galimatias royaliste. Tu ne chantais pas sur cet air - là , l'année dernière à Chambord.