SCÈNE VIT. 3i
DCGUAST.
Des cartes, des dés....
( Goudard se liâte pour les seivii. ) SAINT-GAUDIN, à Sainte-Malines.
Ah ! ça raconte-nous donc ce que Loignac vient de te dire.
SAINTE-MALirTES , apiî-s avoir bu un verre de vin.
Eh bien ! il m'a dit comme ça :
« Homme mutin , » Brusque roussin , M Flacon de vin, » Ont prompte fin. »
(AGoudaVd:) Flacon de vin !.... tu comprends, père
( Il lui passe la bouteille vide. — Goudard court la remplir. ) MONTSÉRY , prenant la bouteille pleine.
Ma foi, oui , il comprend.... Mais je ne crois pas qu'il comprenne si bien : « homme mutin ? »
SAINT-GAUDllN.
Voyons , comprends-tu , « homme mutin ? »
GOUDARD, tout décontenancé.
Mais.... messieurs....
SAINTE-MALINES
Cela veut dire , mon garçon , que mieux vaut tuer compère Satan , que d'attendre qu'il nous
3i8 LES ETATS DE BLOIS.
tue.... Souviens-toi de ça; c'est Loignac qui l'a dit.
MONTSÉRY.
Eh bien! seras -tu content si nous tuons compère Satan?
GOUDARD.
Oh ! certainement , messieurs.... certainement....
SERIAC.
On dit pourtant que tu n'as pas l'âme bien nette, ami Goudard.... Te souviens-tu quand tu faisais signer rUnion à Chambord?....
GOUDARD.
Ah! monsieur.... on dit de ces choses!.... Ce qui est certain , c'est que je n'aime pas les hérétiques.
SERIAC.
Et qui te parle d'hérétiques ?
MONTSÉRY.
Est-ce que nous avons des figures de huguenots ? Sais-tu que j'en ai plus tué en dix années, que tu n'as plumé de canards dans toute ta vie?
GOUDARD.
Oh! je ne dis pas.... monsieur Monséry , je ne dis pas....