SCÈNE VII
LE CA.RDINALC
Tu prends pourtant ton air mystérieux....
GOUDARD.
C'est que quand je lis Nostradainus , ça me donne toujours des idées qui me font peur.
LE CARDINAL
Pourquoi la grand'porte est-elle fermée à l'heure qu'il est.
GOUDARD.
Monseigneur, je ne sais.
LE CARDINAL
Est-ce par ordre de mon frère ?
GOUDARD.
Je ne crois pas, monseigneur.
LE CARDINAL
Et qui donc s'avise ici de fermer les portes sans notre ordre.
^gb GOUDARD.
Monseigneur, je n'ai vu personne; j'ai seulement entendu qu'on fermait la porte.
LE CARDINAL
Tu n'as jamais rien vu... et tu m'as l'air d'en savoir plus que tu n'en dis ; il se passe quelque chose.... — Cornac, éclairez-moi, je veux faire le tour du château.
( Il soit par ia porte de la basse-cour. Larclianl cl les ordinaires rentrent au mOme montent^ et passent à tôle de lui sans le saluer.)
GQIJ DARD , à Larcliant. ^
Comment , vous ne saluez pas ? c'est monseigneur le ctirdinal.
LARCHANT
Pourquoi se met-il en habit court? on n'est pas forcé de le reconnaître.
DUGUAST.
Que n'a-t-il son chapeau rouge ?
MONTSÉRY.
S'il a perdu le sien , qu'il prenne garde qu'on ne lui en donne un autre.
( Ils lient et lortent de la salle par la porte du château. )
GOUDARD , seul.
Sont-ils insolens ce soir! que diable ont-ils donc ? N'importe , voilà les deux frères avertis ; maintenant, si ce monsieur Larchant s'imagine les surprendre , il comptera deux fois.... c'est pourtant moi qui l'aurai sauvé, ce br^^ duc !
( Il prend les verres et les assiettes qui sont sur la table et les porte dans la petite salle. )