SCENE T. ii
CRUCE , l'approchant «le Cornac.
Allons, mon père, à l'ouvrage! Faites sonner les cloches à la cathédrale, et dans toutes les paroisses; écrivez à Tours, à Chartres, à Orléans.... Pour Paris, je m'en charge. — Allez vite.
(Cornac sort. Crucé s'adressant à Compan etNeuillj :)
Vaut-il mieux faire imprimer la relation ici ou à Paris ?
NEUILLY
A Paris. — Dans cette chienne de ville, toutes les presses sont hérétiques.
CRUCÉ
Eh bien! président, faites-nous un petit récit, comme celui du voyage à Chartres, vous savez ; nous l'enverrons ce soir à Nivelle.
NEUILLY
Bon.
CRUCÉ
Nous vous rejoignons tout à l'heure.
( Neuiiljr sort. Crucë et Compan vont causer avec Marteau , qui se promène un peu
plus loin. )
MONTGAILLARD , à Chateauneuf et aux autres pages.
Enfin, la farce est jouée. Le grand saint a quitté sa niche!
CHATEAUNEUF
Maître charlatan ! a-t-il fait assez de gri* maces !
ii6 LES ÉTATS DE BT.OTS.
RENAUDET , second pu§e tlu Roi.
Si Sa Majesté n'y prend garde, il la régalera de quelques petites barricades un de ces matins.
MONTGAILLARD
En ce cas , adieu nos manteaux bleus ; ils iront faire figure aux Piliers des halles.
ZAMPINI , musicien de la Reine-m^I•e , aux pages de BouiboD.
Et les vôtres aussi seront pour le fripier, mes cramoisis.
CHATEAUNEUF
Avec ton luth et ta guimbarde, Zampini.
MONTGAILLARD
Trois beaux cierges à Notre-Dame, et trois à Saint-Sauveur, si je vois sa peau pendue au croc avant nos manteaux.
GOUDARD • quittant le seuil de sa porte , et s'avançant au milieu
des pages.
Mes beaux messieurs , si vous voulez tenir pareils propos , passez plus loin , je vous prie. — On ne parle pas ainsi des princes.
MONT GAILLARD
Oui-dà! Les Guisards n'en disent pas autant du Roi , peut-être ? — • Mais, qui va là ? ( Aun petit
marmiton qui porte un plat couvert , et qui veut entrer par la grande porte du
ekâteau restée ouverte.) Halte-là! quc portcs-tu là-dessous?