SCENE X
moi qui venais vous voir tout paisiblement , sans me douter de cet horrible piège.
CATHERmE.
Hélas 1 monsieur, je n'y puis rien.
LE CARDINAL
Laissez , madame ; ce sont là de vos tours f^ vous nous avez tous conduits à la boucherie.
CATHERINE, vivement.
Monsieur le cardinal, je prie Dieu de me damner pour toute Féternité , si j'ai jamais donné ni ma pensée ni mon avis à ce que vient de faire le Roi.
LE CARDINAL, pleurant et sanglotant. .
Vous nous laisserez donc tous mourir, sans faire seulement une prière pour nous?....
CATHERINE
Je vous le répète , la chose n'est pas en mon pouvoir....
UN DES ARCHERS , an cardinal.
Allons, vieux père, nous ne sommes pas là pour vous voir pleurer. Dépèchons-nous.
LE CARDINAL
Oh! mes amis, par pitié ! ne me massacrez pas !
LE CHEF DES ARCnEHS.
Eh non ! n'ayez pas peur : vous êtes trop vieux pour qu'on vous tue.
( Il le poiKse par le bras dans le vestibule , et ferme la porte. } CATHERINE.
^ Ah! Père tout-puissant !.... je n'en puis pkis.... j'étouffe.... Qui se serait douté que ce vieux pleureur viendrait ainsi me jeter ses grossiers reproches à la face?.... Peut-on faire tant de bruit pour rien ! qu'il se taise , on lui donnera son boire et son manger; n'est-ce" pas tout ce qu'il lui faut?... Santa Maria I.... le cœur me manque....
( Elle perd connaissance. ) MIRON j lui tâtant le poub.
La crise est terrible 1... Mesdames, mesdames, aidez -moi.... portons la Reine sur son lit.
( Miron et quelques unes des femmes d'honneui- la prennent dans leurs bras et la placent sar son lit. )
LA REINE LOUISE , à voix basse.
Eh bien! monsieur Miron?....
MIRON , bas.
Madame, il y a plus de calme. — Mais je ne dois pas vous abuser.... c'en est fait !