‹ Les États de Blois, ou, La mort de MM. de GuiseChapitre 47 sur 212 · SCENE 111. i8i · texte numérisé non relu

SCENE 111. i8i

dans toutes, c'est le même refrain : « Méfiez- )> vous de la Noël ; on vous tuera avant la fin » de l'an, w Ce qui me rassure, c'est que la veille des barricades on m'en écrivait tout autant; et cependant , vous le voyez , je ne suis pas encore mort.

BRISSAC

Monseigneur, je l'avoue y vous avez l'œil mieux exercé que personne à démêler les ruses de vos ennemis , et je n'ai pas oublié ce jour où vous vous moquâtes si fort de moi et de quelques autres , qui prenions pour des Reîtres , ces lances et ces enseignes plantées derrière une haie. Mais je ne vous le cache pas, monseigneur, votre confiance d'alors ne ressemblait pas à celle d'aujourd'hui ; votre regard , pardonnez si je me trompe, paraît moins calme que vos paroles, et sous cet aspect de tranquillité, l'on dirait que vous cachez....

GUISK , l'inleiiompant.

Brissac , vous le savez, les meilleurs prophètes ont leurs momens de doute.

BRISSAC

Ah! monseigneur, si vous concevez les plus légers soupçons , écoutez-les , au nom du ciel ! Ces lettres sont fausses , je le veux bien ; tous

i8jt LES ETATS DE BLOiS.

les avis qu'on vous donne sont forgés à dessein ; mais il n'en est pas moins vrai que par toute la France vos amis sont en alarmes , et que les bruits les plus sinistres se répandent, non-seulement à Paris et dans nos provinces , mais à Rome, en Espagne....

GUTSE.

Vous voilà bien en peine ! ne sont-ce pas ces misérables astrologues et faiseurs d'almanacbs qui sont cause de tout ce beau tapage ?

BRISSAC

Comme vous voudrez , Monseigneur ; mais vous conviendrez pourtant que, sans être par trop crédule , on peut trouver étrange que tous ces diseurs d'avenir, chacun dans leur pays, se soient rencontrés à faire les mêmes prédictions.

GUISE

Vous oubliez donc toujours notre vieille magicienne ? n'est-elle pas leur commère à tous? Et d'ailleurs ces gens-là ne parlent jamais que par mots à double sens ; et l'on peut toujours y voir , selon son goût , le noir ou le blanc. J'ai le cœur trop haut , mon cher Brissac , pour m'inquiéter de ces prétendues prophéties ; mais je gage que , si je voulais en prendre la peine ,

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